Birmanie

Un mois en Birmanie : Itinéraire du sud au nord

Du Rocher d'Or à l'Ile de l'Ogre

Levée à 5h30 pour prendre mon train au départ de Rangoon en direction du Rocher d’Or (Kyaiktiyo) dans le sud-est de la Birmanie. Comme d’habitude, tout le monde est gentil tout plein à la gare et on m’accompagne jusqu’à mon siège. Autant le train indien était une expérience intéressante sur le plan culturel, autant le train birman est une expérience juste drôle.

Oui, parce que de temps en temps, le train se met à tressauter et tout le monde fait des bonds sur son siège. Même la dame un peu rondouillette. Du coup, tout le monde rigole et moi aussi.

Et ce qui est incroyable, ce sont les femmes qui portent sur leur tête des plateaux énormes de nourriture et que rien ne se renverse. Moi qui déteste prendre le train, si le prix de mon billet ne partait pas directement dans les caisses du gouvernement militaire, je le prendrais à chaque fois. Cela dit,  après 4 heures de montagnes russes l’estomac est un peu attaqué et je suis heureuse d’arriver à la gare de Kyaikto

Enfin, pas toute à fait. Je dois prendre un pick-up collectif. Et quand je vous dis collectif, c’est qu’ils arrivent à mettre 15 personnes (sur le toît aussi) là où nous, on en mettrait que 6 et encore, cela ronchonnerait sévère. Une gentille dame me fait une place (En fait, elle en a poussé une autre pour que mon gros sac et moi on puisse s’installer).

 

LE ROCHER D’OR

 

J’arrive enfin à Kinpun, village microscopique qui sert de point de départ pour tout ceux qui souhaitent se rendre au rocher. Je pars donc le lendemain matin en direction de la « station de bus » qui est un énorme hangar plein de camions aménagés de banquettes. La banquette doit faire 10 cm de large et comme pour le pick-up, on tasse un maximum de monde.

Il vous en coutera 2500 kyats aller simple. Dernier retour à 15h en principe mais on peut toujours s’arranger.

Après une bonne ascension à travers les montagnes birmanes, légèrement embrumées et verdoyantes au possible, j’arrive finalement à destination.

Alors, le rocher d’or est un gros cailloux, recouvert de feuilles d’or, qui tient en équilibre grâce à un cheveu de Bouddha. Et oui, parfois cela se joue à un cheveux… (blagounette du jour, bonjour !) Mais il revêt un importance capitale pour les bouddhistes qui viennent de tout le pays pour se recueillir ici.

Le rocher en question n’est pas très impressionnant, si on  fait abstraction du fait qu’il tient en équilibre, mais la vue sur la vallée est vraiment magnifique et le dédale de ruelles et sentiers qui parcourt la montagne vaut le détour. Surtout pour les petites échoppes où l’on vend peaux d’anaconda, pieds de chèvres, crânes de singes et autres fioles qui contiennent des trucs bizarres. En tant que fervente amoureuse de la nature, je suis consciente que toutes ces babioles alimentent le trafic d’animaux et mettent en péril la biodiversité de certaines régions, mais en tant que touriste, je suis absolument fascinée.

Je n’ai pas pris de photos, cela faisait trop flipper…

Après mon petit tour, je suis redescendue en direction de Kinpun, toujours grâce aux « bus ». La descente à toute vitesse dans les virages en épingle, avec le camion qui penche, était un peu plus sportive. Je m’accrochais à ce que je pouvais en espérant, qu’on ne finisse pas en bas du ravin.

Bref, dès mon arrivée j’enchaîne par le bus (un vrai) pour me rendre à Mawlamyine un peu plus au sud.

Etant donné qu’il n’y a que peu de bus qui partent de Kinpun et que toutes les places étaient prises, j’ai consenti à un léger sacrifice…on m’a donc réservé un joli tabouret près du chauffeur. Il faut savoir que c’est le genre de tabouret que l’on trouve dans les classes de maternelle (en plastique coloré). Au bout de 2h30, j’ai commencé à sentir des fourmillements (et pas dans les jambes…) et on en était qu’à la moitié du trajet.

Mais c’était vraiment génial.

La campagne birmane est absolument sublime. Jalonnée de verdure et d’habitations construites sur pilotis, dont les toits sont confectionnés en feuilles de palmiers. On s’arrête régulièrement pour prendre de nouveaux passagers et pour laisser descendre quelques moines qui se rendent dans divers monastères. Le bus est vite plein, et je me rends compte que le couloir est totalement rempli de gens assis par terre. Et pas sur un tabouret comme moi.

Enfin voilà, je suis à Mawlamyine, mon hôtel est en face de la mer, j’ai dîné en tête à tête avec le coucher de soleil qui embrasait le ciel et je songe sérieusement à m’acheter une crème pour érythèmes fessiers.

 

 

L’ILE DE L’OGRE

 

L’ile de l’ogre est à deux km environ de Mawlamyine. Par chance, le gérant de ma guesthouse m’a bien conseillé et m’a recommandé de prendre un autre embarcadère situé un peu plus loin et m’a clairement indiqué le prix que je devais payer. Ce qui fait qu’arrivée devant le monsieur qui vendait les tickets, j’ai pu éviter la petite arnaque sur le prix.

Après une rapide traversée du fleuve, je me retrouve au milieu d’une végétation tropicale, clairsemée de champs et de maisons sur pilotis. Le chemin de terre que je suis est désert. Le rouge de la terre contraste fortement avec le vert de la végétation environnante. Tout autour de moi est calme et paisible. C’est agréable. Je finis par croisé quelques habitants. Tout le monde fait de grands signes et de grands sourires. Je traverse finalement un petit village plongé dans la torpeur de l’après-midi. Tout le monde est à des activités calmes par cette chaleur. J’aperçois quelques personnes installées au frais sous leur maison. La plupart étant construites sur pilotis, elles offrent un espace d’ombre et de fraîcheur grâce à quelques aménagements sommaires.

Un hamac suffit parfois largement.

J’ai finalement décidé de me poser dans une petite gargotte. Je me suis restée de longues minutes pour siroter un fanta fait maison. Le gros pot de sucre près des bouteilles, l’absence de « psccchhhht » en l’ouvrant et surtout, « l’encapsuleur » m’ont clairement laissé entendre que c’était de la fabrication artisanale et que les règles d’hygiènes n’étaient pas garanties… On verra bien ce que mon estomac en dira.

Depuis que j’ai passé un mois en Inde sans être malade, je me crois immunisée pour tout. Ce qui est très certainement une erreur.

Il y avait un petit vent frais, pas un bruit, une jeune femme battaient les piments posés sur un drap au sol et trois chatons qui jouaient à la bagarre. La propriétaire des lieux a essayé de communiquer avec moi (faut dire que sur l’île, personne ne parle anglais.) Cela s’est révélé assez comique. Elle me faisait de grands gestes pour m’expliquer des choses plus ou moins compréhensibles.

Apparemment j’avais des trucs sur le visage ou allais avoir des coups de soleil. Je ne sais pas…ce n’était pas très clair. Je me suis abstenue de lui signaler qu’elle avait de la boue sur les joues, je crois que la blague ne serait pas passée. Et oui, en Birmanie, les hommes et les femmes mettent habituellement du tanaka sur leur visage pour se protéger du soleil. Cela leur fait comme un masque d’argile beige. Aujourd’hui, ce sont uniquement les femmes qui en mettent.

J’ai continué à déambuler à travers l’île, jusqu’à arriver de l’autre côté et rejoindre l’embarcadère habituellement utilisé par les touristes et ai regagné ma guesthouse, heureuse et satisfaite de cette journée.

Mes conseils

Pour vous rendre à Kyaikto vous devez vous rendre dans le village de Kinpun.

vous pouvez loger au Guest house kinpun C’est sommaire, mais le cadre est paisible. 7000 kyats la nuit soit 7$

A Mawlamyine, vous pouvez loger au Breeze guesthouse. En face du fleuve avec petit déjeuner inclus. 7000 kyats.

Chambre très très petite et salle de bain commune. Wifi à l’accueil.

Pour se rendre sur l’ile de l’ogre : choisissez l’embarcadère le plus au sud au niveau du tiger beer bar. Aller et retour permanent pour rejoindre l’île. Comptez 500 kyats aller simple et 15 min. Payez directement à l’embarcadère.

Hpa-An

Après avoir quitté Mawlamyine en bus, j’ai rejoint Hpa-An située un peu plus au nord. La région présente surtout un intérêt pour les paysages karstiques (montagnes de calcaire) et les grottes qui s’y trouvent. Plutôt que de suivre mes compagnons de gîte et de me retrouver avec un circuit à la journée clé en main, je décide de me faire ma petite balade en solo en louant un vélo directement auprès de la guest-house. Comme cela, je me fais ma promenade à ma sauce.

Je me suis renseignée au préalable et la grotte qui m’intéresse particulièrement est à 14 km. Je n’aime pas faire du vélo, mais 14 km, c’est largement jouable.

Enfin, me voilà donc partie à 9h30 sur mon vélo d’avant-guerre avec le plan très succinct de la région, le ventre vide, un demi litre d’eau dans le sac, mon sarrouel et mes sandales (cycliste un jour, cycliste toujours !) Au bout d’un temps qui m’a paru infini (30 min) je fais une pause (oui, déjà) dans une petite gargotte au bord de la route, juste pour être sûre que je suis sur la bonne route.

J’explique au monsieur que je veux me rendre à la grotte Sadar. Il a eu l’air un peu choqué et m’a répondu que c’est trop loin, que je devrais plutôt aller aux chutes, plus proches. Non, non, moi c’est cette grotte que je veux. Il m’indique la direction l’air un peu étonné et sceptique quant à mon projet.

Je continue mon bonhomme de chemin et commence à m’aventurer sur des sentiers perpendiculaires à ma route. Et là, une fois de plus je me régale. Toujours à la recherche de ma grotte, je demande mon chemin et on m’indique de suivre les chutes. Je tombe en fait sur quelques 1105 bouddhas alignés au milieu d’un champ. Cela donne un peu l’impression de voir des reflets se multiplier à l’infini. Je suis arrivée depuis la forêt au lieu d’arriver par l’entrée principale. Du coup, j’avais tous les bouddha de dos. C’est assez étrange surtout que je ne m’y attendais pas.

Après avoir demandé une nouvelle fois où se trouvent les chutes, on m’indique la direction d’où je viens…ok. Il va falloir se mettre d’accord les gens…

Je finis par arriver sur les « chutes » qui se résument à un bassin d’eau dans lequel les birmans se baignent en se servant de chambres à air de tracteur comme bouées. C’est la grosse ambiance par ici. C’est très familial et tout le monde semble profiter pleinement de sa journée. En reverifiant sur le plan fourni par la guest house je réalise que je ne suis plus si loin que ça de ma grotte.

Ayant déjà parcouru un chemin interminable, je me suis dit que quitte à être arrivée là, autant aller jusqu’au bout. On me prévient que j’en ai pour deux heures de route…j’ai les cuisses qui brûlent, mais je ne lâche pas le morceau. Mon honneur de sportive est en jeu !

Me voilà repartie ! Alors, ce n’est pas exactement deux heures…mais qu’est ce que c’était long…heureusement que le paysage valait le détour. Je suis partie à 9h30 et j’arrive à la fameuse grotte à 14h...je retrouve mes compagnons de guest house qui arrivent en même temps que moi, alors qu’ils ont fait plusieurs visites depuis ce matin. Il y en a un qui m’a sorti « pfff on est crevés ». Ben, non je ne crois pas !

La traversée de la grotte n’est pas intéressante pour un sou, si ce n’est l’espoir de voir les milliers de chauve-souris se lancer dans une attaque collective…mais non. Ceci dit, elle pourrait tout à fait faire office de Bat-Cave tellement elle est grande.

J’arrive finalement au « pourquoi du comment » j’ai choisi cette grotte et pourquoi j’ai sué sang et eau pour y arriver. Le spectacle valait largement le déplacement. Au bout de le grotte, on arrive dans un tout autre endroit. Au bout de la grotte, on passe de l’autre côté de la montagne et c’est le Monde Perdu qui apparait : une rivière, une petite prairie, des arbres. Un autre monde. C’est rafraichissant et relaxant.

Après une petite pause d’1 heure, je suis repartie en direction de la guest house. J’ai mis deux heures avec le vent de face et sous des trombes d’eau…Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.

Arrivée à la guesthouse, je ne sens plus mes jambes et je suis au bout du rouleau de mes capacités physiques. Je me suis donc autorisée un petit apéro en terrasse, parce que j’ai parcouru un très très long chemin (en aucun cas cette grotte est à 14 km, c’est beaucoup plus) sur un vélo pourri, alors que je déteste faire du vélo, que je n’ai rien mangé de la journée et que je ne me suis pas plainte ou presque (même quand je me faisais arroser de boue par les autres véhicules) 

Mes conseils

vous pouvez loger à Soe brother guesthouse 6 $ dans le centre près du marché.

On peut louer vélo, moto ou un guide avec pick-up. Les prix sont dégressifs si vous êtes plusieurs à vous inscrire pour un tour à la journée.

A Saddar cave : oubliez l‘option bateau au lac à 1500 kyats. Vous ferez un mini tour et devrez retourner à l’entrée de la grotte en marchant à travers champs et cela ne semble pas valoir le coût.

 

Les 4 000 temples de Bagan

Nyaung-U est le point de chute des backpackers souhaitant visiter la vallée des 4000 temples de Bagan. Je ne les ai pas comptés, mais je peux vous assurer qu’il y en a beaucoup.

Je voyage depuis quelques jours avec Krissy, une canadienne de Vancouver. Fraîchement arrivées à 4h du matin après un voyage mouvementé en bus depuis Bago, nous décidons de louer chacune une E-bike, pour cette première demie journée et d’explorer les environs. La E-bike s’apparente à un solex. Pas très stable et quand les batteries sont à plats, on pédale… Pas très au point sur l’heure et le lieu le plus approprié pour admirer le coucher de soleil, nous l’avons glorieusement raté.

On ne se démoralise pas pour autant et louons à nouveau nos mobylettes improbables pour la journée entière le lendemain.

Levées à 5h30 pour assister au lever du soleil cette fois…raté lui aussi. Nuages, tout ça, tout ça…

Mais peu importe. On mange des kilomètres de temples toute la journée. Certains sont vraiment très beaux et d’autres semblent être une simple reproduction de centaines d’autres. Chose assez nouvelle, on est régulièrement sollicitées pour acheter des peintures faites maison et autres bibelots du même acabit. Mais rien d’oppressant ou de dérangeant. Un « non » poli et un sourire suffisent.Après moult temples, on se dirige tant bien que mal vers une pagode réputée pour son point de vue sur le coucher de soleil, peu connue des touristes. Vous l’avez compris, ce coucher de soleil est devenu notre must-do

On s’embourbe tranquillement dans le sable, et nous enfonçons un peu plus dans la plaine, mais nous finissons par atteindre destination. Après avoir pris 250 photos, discutés avec quelques moines, nous repartons en direction de nos fiers destriers. Et c’est là que cela devient très drôle. Au bout de 50 mètres, je me rends compte que ma roue arrière est complètement crevée. La nuit tombe et on est au milieu de nulle part. Tout le monde a déjà quitté les lieux.

Krissy part devant prévenir l’hôtel pour que quelqu’un vienne réparer les dégâts. Pendant ce temps, je pousse ma moto dans le sable pendant ce qui me semble être une éternité, jusqu’à ce que des touristes thailandais s’arrêtent et me proposent leur aide. Après avoir poliment refusé, le monsieur est descendu de son taxi 20 mètres plus loin et ne m’a pas laissé le choix. (il fait nuit, c’est dangereux vous ne savez ce qui rôde dans la nuit…) Du coup, en parfait gentleman il a poussé ma moto jusqu’au point de rendez-vous convenu avec Krissy.

J’avoue qu’il y a certains endroits où j’aurais eu peur toute seule (frissons…)

Krissy arrive finalement en moto avec la loueuse. Et alors là, je crois que je suis entrée dans la 4ème dimension. Elles sont arrivées sur leur e-bike, en rade de batteries sans avoir apporté de quoi changer la roue (je ne comprends toujours pas pourquoi.) Nous voilà donc toutes les trois, avec nos bécanes en panne au bord de la route. (Oui, je sais…)

Le « camion » finit par arriver. Avec femme et enfants à bord…Non mais là, j’ai cru que j’allais faire une attaque…Pourquoi venir avec sa femme et ses enfants ? Comme si nous n’étions pas assez à devoir être secourus. Enfin, j’imagine que s’ils étaient là, ce n’étaient pas par plaisir. Et bien, pas de panique. On a chargé tout le monde dans le camion à l’arrière et deux personnes devant. Je peux vous dire que je me suis bien marrée (sauf quand je poussais la moto)

Plus concrètement, les temples de Bagan sont situés sur une très large étendue, vous aurez forcément besoin d’un moyen de locomotion pour vous déplacer d’un point à un autre. Au moment où j’y étais, nous ne pouvions pas louer de scooter, mais les choses ont peut-être changé depuis. Il y a certains birmans qui proposent les services d’une calèche, mais les chevaux sont dans un état pitoyable et restent de très longues heures à attendre en plein soleil sans eau. Je ne saurais trop vous recommander de ne pas les utiliser.

L’entrée de tous les temples est totalement gratuite, vous aurez juste besoin d’une carte, d’une bonne bouteille d’eau et de votre appareil photo. Certains sont très anciens et d’autres sont en cours de rénovation. Quoiqu’il arrive, si vous avez la possibilité de monter sur les terrasses supérieures, n’hésitez pas, la vue est superbe.

Vous verrez la quantité impressionnante de temples qui ponctuent la plaine. C’est vraiment très beau. Et bien évidemment, si vous avez de la chance, le ciel sera suffisamment dégagé pour vous offrir un somptueux lever ou coucher de soleil.

 

 

Mandalay

Mandalay sonne déjà comme un appel à l’exotisme. En réalité, la ville en elle-même n’a rien de tel, bien qu’elle présente un certain charme à mon goût. Ses rues en damier à l’américaine et ses magasins high-tech offrent un contraste assez intéressant avec Rangoon.

Outre ses divers temples et son palais entouré d’une imposante végétation, Mandalay offre une belle vue sur la plaine, depuis la colline du même nom. Pour y aller rien de plus simple, j’ai loué un scooter.

Me voilà donc partie à la découverte de Mandalay et de ses environs.

 

Le monastère de Shwenandaw

Totalement construit en teck, ce temple est issu du palais royal en bois d’Amarapua, ancienne capitale birmane. Il constituait une partie des appartements royaux, et était installé dans la partie nord du palais. Le roi Mindon y mourut en 1878 et son fils et successeur, le roi Thibaw s’y rendit souvent pour méditer. Mais, persuadé que l’esprit de son père le hantait, il demanda qu’il soit à nouveau démonté et retiré de la cité royale. Pendant les cinq années qui suivirent, il fut reconstruit pour devenir un monastère dédié à la mémoire de Mindon.

Je suis arrivée très tôt sur les lieux, ayant un programme très chargé pour la journée. Et je dois vous dire que je ne le regrette pas. Il n’y avait absolument personne. Le monastère était plongé dans le silence le plus absolu et certains volets étaient encore fermés. Les moines étaient déjà affairés à leurs occupations habituelles. Le bruit feutré de leurs pas se distinguent à peine dans l’ambiance matinale de la ville.

Je me faufile dans le monastère et observe les détails des sculptures en bois. C’est un travail d’orfèvre qui a été fait. Avec une grande précision, les ornementations ont été sculptées avec finesse et délicatesse. La couleur sombre du bois rend la lecture des objets difficile et l’ambiance particulière. A la fois pesante et austère.

Au fil du temps, je finis par discuter avec un moine qui évoque avec moi les questions religieuses et la pratique du bouddhisme. Il me recommande un stage sur Rangoon. Pourquoi pas, un jour, si le bouddhisme finit par me séduire…

Je continue ma route, le coeur léger et rempli d’une nouvelle satisfaction d’avoir pu échanger quelques mots avec ce moine. Il est tellement compliqué parfois de s’adresser à eux. J’ai toujours peur de faire une bourde ou d’enfreindre une règle.

 

La colline de Mandalay

Selon le guide Lonely Planet, on y accède après 45 min de montée d’escaliers qui nécessite d’être en forme. En réalité, 30 min suffisent et les marches des escaliers sont tellement larges et étirées que vous avez à peine l’impression de monter. Mais ça c’est à condition d’aborder la colline du bon côté.

Lors de la montée vers le sommet de la colline, on traverse plusieurs salles d’offrandes et une est notamment remarquable. Près du sommet, une gigantesque statue de Bouddha pointe sa main droite vers la ville. Selon la légende, Bouddha aurait visité l’endroit et prophétisé qu’en l’an 2400 de l’ère bouddhique serait construite au pied de la colline une grande cité où son enseignement s’épanouirait : Mandalay !

Une fois arrivé au sommet, le fleuve Irrawaddy vous guide d’un point du paysage à une autre. L’ultime Pagode de la colline étale ses richesses en dorures et ornementations plus tape à l’oeil les unes que les autres.  Le vent soufflait fort, mais cela n’a pas gâché le plaisir d’être là.

 

U-Bein Bridge

Situé dans la ville d’Amarapura, le pont U-Bein relie les deux rives du fleuve. Il est le plus long pont en teck au monde.

Le cadre est absolument magnifique ! J’ai eu un véritable coup de coeur pour cet endroit. Des centaines, que dis-je, des milliers de personnes traversent ce pont chaque jour, pour aller travailler. Il y a un monde permanent qui circule ici. Le niveau de l’eau est très bas, mais quelques bateaux circulent tout de même.

Je suis arrivée juste pour le coucher du soleil. Les couleurs étaient d’un jaune profond, l’eau scintillait doucement et le contre jour offrait un cadre digne d’une carte postale. Je ne pouvais pas mieux finir cette journée.

En tentant de trouver le pont, je me suis trompée de route et cela m’a contrainte à traverser des quartiers plein de charmes et à passer par de petits chemins mignons comme on les aime.

Je vous conseille aussi de faire un petit crochet par Mingun qui est plus au nord de l’autre côté du fleuve. C’est un adorable petit village par lequel on accède via une route en quasi bon état. De même que le village de Sapaing d’où la vue est surtout impressionnante depuis le nouveau pont qui enjambe le fleuve.

Tous les temples et stupas se détachent sur un fond verdoyant 🙂

Après deux jours à Mandalay, je pars en direction de Hsipaw dans l’est pour y retrouver un peu de nature à l’état brut (enfin j’espère…)

 

HSIPAW

J’ai décidé de m’arrêter un peu plus longtemps que d’habitude à Hsipaw. Au programme de ces cinq jours, farniente, tester plein de restau et balades dans les environs.

J’ai trouvé une petite guesthouse très sympa, calme et avec une ambiance agréable avec des chambres au prix très modeste. J’ai loué un scooter pour me balader autour de la ville et je n’ai pas été déçue. Ce qui fait vraiment le charme de la ville ce sont les quartiers excentrés où l’on retrouve les maisons en bambous ou en bois, d’aspect plus traditionnel.

Au niveau culinaire, comme souvent en Birmanie, il est compliqué de trouver des restaurants birmans. Les restaurants chinois étant très nombreux.

Cependant, j’ai tout de même réussi à trouver un petit coin de paradis perdu dans la « banlieue » de Hsipaw, où la petite famille qui tient le « Mrs Popcorn Garden » vous sert des plats bio dans un cadre idyllique.

Autant vous dire que j’y ai passé du temps, surtout quand la mamie vous dit : « bon ben maintenant que vous avez bien mangé, vous vous allongez pour la sieste ». Transat en bambou sous les bananiers et pas un bruit.

Absolument parfait !

 

Mes conseils

A Mandalay

Garden hôtel à l’angle de la 83 et 25eme rue. 12 $ la nuit. J’ai pas trouvé moins cher. La chambre est propre au 5 ème étage sans ascenseur.

Possibilité de louer des vélos pour 1500 kyats par jour ou des scooter pour 8000 kyats sans chauffeur. Moins cher que Mr Jerry recommandé par le guide Lonely Planet.

Itinéraire recommandé :

Aller à Mingu à 1h30 de route de Mandalay en passant par Sagaing. Vous traverserez de beaux villages et le paysage vaut le coup d’oeil.

A Hsipaw

Yee shin guest house. 5 $ la chambre simple dans la dépendance. Très petite mais la salle de bain est propre avec eau chaude. L’espace de vie en extérieur couvert est très agréable

Où manger : Mrs popcorn garden. A l’extérieur de la ville près de little bagan. Carde absolument parfait pour la détente, nourriture bio et la famille est juste adorable.

Chez Mr shake dans la rue principale. Les shake aux fruits sont justes divins et le propriétaire est souriant et arrangeant au possible pour satisfaire les envies de chacun sans compter qu’il est plutôt mignon 😉

Lac Inle

Situé dans le centre de la Birmanie, le Lac Inle fait parti des incontournables du pays. Et il faut dire, que cette réputation ne s’est pas faite pour rien. C’est le second plus grand lac du pays avec une surface estimée de 12 000 hectares. Le lac Inle abrite de nombreuses espèces endémiques de mollusques (oui, je sais les mollusques tout le monde s’en fiche, mais ils comptent quand même dans l’écosystème)

L’augmentation de la population, l’affluence touristique, la déforestation, l’intensification de l’agriculture et l’invasion de la jacinthe d’eau dégradent cependant l’écosystème du lac.

La particularité du lac réside également dans sa population de pêcheurs. Les hommes rament en enroulant leur jambe autour de la pagaie. Cela leur permet d’avoir une vue d’ensemble autour d’eux et de pouvoir également observer ce qui se passe en dessous d’eux. Pratique, quand on doit pêcher. Cette technique est unique au monde !

La vie autour du lac est très prolifique et outre de petits villages bordant cette grande étendue d’eau, on y trouve des marchés, des potagers flottants, quelques monastères et des fabriques des vêtements traditionnels, notamment celle des étoffes en fibre de lotus. En cassant la tige, une fibre qui ressemble à de la toile d’araignée en est extraite, puis est roulée pour créer un fil qui servira par la suite à tisser des vêtements, des écharpes ou le traditionnel longyi (drap que les hommes et les femmes s’enroulent autour de la taille comme vêtement).

Il y a des dizaines et des centaines de canaux qui créent un labyrinthe incroyable autour du lac. Ce sont autant de possibilité de découverte et d’émerveillement. La vie s’écoule au rythme du lac et des produits que ses habitants arrivent à en tirer. J’aurais voulu continuer l’exploration de manière plus approfondie, mais une journée ne suffit clairement pas.

Nous avons fini cette journée par un magnifique coucher de soleil au milieu du lac. Que demander d’autre.

 

Mes conseils

999 guesthouse est propose des chambres à 6 $. Pas de wifi, pas d’eau chaude et le petit déjeuner est en supplément (1500k). Je le recommande tout de même vu son prix (comparé aux autres guesthouse qui demandent le double)

Balade en bateau :

16000 kyats. La journée complète incluant le village Inthein et le coucher de soleil. Il faut normalement ajouté 5000k en plus juste pour Inthein. J’ai donc fait une bonne affaire.

Les 16000 kyats s’entendent pour le bateau et non par personne. J’ai dû négocier pour ce prix. Celui de départ étant 18000.

Mon Bilan

300 000 touristes par an recensés en 2012. Autant vous dire que ce n’est rien. Cela rend le voyage en Birmanie encore plus attrayant.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour la population birmane, qui est d’une gentillesse à toute épreuve. Si tout le monde était aussi gentil et accueillant, tout le monde serait plus heureux et il y aurait des arc-en-ciel et des licornes 🙂

Enfin tous ces sourires cachent quand même une situation complexe et délicate pour les birmans, qui vivent sous un régime militaire depuis longtemps maintenant et qui a connu des répressions sanglantes. Je pense notamment aux Rohingyas, peuple musulman persécuté par les bouddhistes depuis plusieurs décennies, maintenant. Leur situation est particulièrement préoccupante. J’en ai parlé un peu ici

Certaines zones sont d’ailleurs strictement interdites aux étrangers. J’ai rencontré un allemand qui est entré en zone restreinte en taxi.

Quand il a fini par se faire repérer à peine arrivé à destination, il a eu droit à tout une série de questions de la part de la police (nom du chauffeur qui l’a déposé, plaque d’immatriculation etc…)

Si la police retrouve le chauffeur en question, il risque trois mois de prison.

Pas de panique, le jeune homme en question n’était pas en mesure de donner de détails sur le véhicule et le chauffeur, mais il n’a pas omis de mentionner que tous les postes de contrôle avaient été franchis avec succès parce que les policiers dormaient à chaque fois.

Oui, parce qu’en Birmanie, la sieste c’est un art de vivre. Même au contrôle de sécurité de l’aéroport ça dort.

Enfin je m’égare…

Tout ça pour dire que je vous invite à découvrir la Birmanie le plus vite possible, car ce pays va très vite devenir un el dorado touristique, pour le meilleur, comme pour le pire !

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