L'ascension du Mont Emei
Asie,  Chine

L’ascension du Mont Emei : Randonnée sacrée dans le Sichuan

Précédemment dans les Péripéties de Vany :

Après 10 jours à sauter d’un bus à l’autre à travers le Sichuan, à aller de déceptions en galères et à faire du gras, j’ai décidé de m’attaquer à l’ascension du Mont Emei. Connu pour être un des quatre monts bouddhique de Chine, il est possible de grimper jusqu’au sommet et de passer la nuit dans un des quelques monastères qui jonchent le chemin. Vous avez aussi la possibilité de prendre un bus qui vous rapprochera des points d’intérêt et/ou un téléphérique qui vous faciliteront grandement la tâche. Je me suis dit que 3/4 jours pouvaient être sympa, histoire de me laisser le temps de monter tranquillement par petites étapes et arriver finalement au sommet presque fraîche, sans utiliser le bus ou le téléphérique. J’ai une réputation à tenir ! Sauf que, cela ne s’est pas du tout passé comme ça.


Le concept de la randonnée en Chine

Alors, ce qu’il faut savoir c’est qu’en Chine, on a une grosse tendance à aménager tout ce qui est « naturel » et « sauvage » pour rendre la visite aux touristes chinois la plus agréable possible. Sauf que lorsque je me suis élancée fièrement à l’assaut du sommet, en optant pour le chemin le plus long, parce que je ne voulais rien rater, j’étais très très loin d’imaginer ce qui m’attendait.

Il est tôt le matin et je pars d’un pas décidé vers le début du parcours. Après quelques centaines de mètres j’atteins enfin le début du circuit. Le cadre est agréable et très vert. Tout est aménagé dans le plus pur style chinois. Je me régale d’observer avec quel souci du détail tout a été pensé et aménagé pour rendre le chemin « So Chinese ». C’est un vrai délice pour les yeux, même si totalement artificiel. A dire vrai, je me demande même si ce n’est pas ça, le vrai style « chinois ». Mais passons. 

J’avance en me faufilant entre les touristes, qui sont toujours plus nombreux au fur-et-à-mesure que j’avance. J’essaye de m’extraire de cette foule qui est parfois dense à certains endroits. Des temples surgissent sporadiquement sur le chemin. La concentration de touristes y est folle à ces endroits. Je ne m’attarde pas. J’avance au pas de course. Je me sens en forme. Cela me fait un bien fou de marcher après ces quelques jours mollassons. Il y a quelques marches qui surgissent sur le chemin et ça grimpe un peu pendant ces 3 premières heures de marches, mais tranquillement. J’avoue que j’ai dû mal à profiter du paysage avec tout ce monde et je suis obnubilée par mon objectif :  atteindre le monastère avant la nuit.

L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei

après plusieurs heures de marches, j’atteins la zone « écologique des singes farceurs ». La végétation très dense. Il se dessine comme une sorte de petit canyon en contrebas. Des passerelles façon Indiana Jones ont été installées pour aller d’un côté à l’autre. On s’y croirait. Le cadre est tout simplement magnifique. Le contraste avec le modernisme habituel de la Chine est saisissant. La végétation est si dense qu’il est impossible de distinguer ce qui s’y cache. Les aménagements se fondent très bien dans le décor et c’est une très agréable surprise. 

Je continue à avancer et je finis par tomber sur les fameux singes…Je ne sais pas par où commencer…J’ai beaucoup d’a priori sur les singes. Ils ont des dents énormes, sont très agiles et sacrément chapardeurs. C’est un combo qui me plaît moyennement. Là c’est encore pire. Les touristes nourrissent les singes avec des biscuits en PER.MA.NENCE ! Au-delà de la question de la santé de ces animaux qui ne sont clairement pas faits pour manger des petits gateaux, ils deviennent extrêmement agressifs dès que vous n’avez rien à leur offrir. Et devinez qui avait les poches vides ?! 

Donc comme attendu, je me fait « agresser » par un adulte, qui s’est accroché à mon pantalon et pendant que j’essaye de garder mon calme et de ne pas partir en courant pour ne pas déclencher une course-poursuite, que j’aurais de toute façon perdue…Je m’en suis sors finalement indemne, mais avec une belle trouille. 

Un miracle, étant donné la quantité de singes qu’il y a ici.

L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei
L'ascension du Mont Emei


Le Monastère Magique

A la sortie du parc zoologique, le nombre de touristes diminue drastiquement. Très rapidement je me retrouve seule sur le chemin. Désormais, ce ne sont que des marches qui rythment mes pas. L’ ascension devient vraiment ardue. Les marches sont interminables. Je m’arrête régulièrement dans les petites gargottes qui jonchent le chemin. Il n’y pas grand chose à manger hormis quelques biscuits et des nouilles peu ragoutantes. 

Je repars. Mes jambes sont beaucoup moins légères que ce matin. Chaque pas devient plus difficile et l’humidité a eu raison de mon poncho, et de mes chaussettes. Je suis totalement trempée. Mon moral commence à flancher sérieusement. Je ne sais pas où j’en suis par rapport au monastère et à chaque virage je me dis : « La monastère est juste là, après cet escalier » et à chaque fois, il y a une nouvelle série de marches qui est planquée derrière un arbre. Il y a de quoi devenir chèvre. Je ne peux même pas me plaindre, il n’y a personne pour m’écouter.  

Mais je dois reconnaître que le cadre est fabuleux. La brume court sur la montagne recouverte d’une forêt dense, offrant un effet mystique à la scène.

Cela fait maintenant plusieurs HEURES que je monte ces marches de manière continue. Je n’en peux plus…Je croise un couple de chinois qui comme moi veut se rendre au sommet demain. Nous finissons le chemin ensemble. Ils sont adorables au possible et se montrent très patients et encourageant avec moi. 

Le Monastère est finalement en vue. Il est 17 heures, je suis trempée jusqu’aux os, mes chaussettes font ploc-ploc dans mes chaussures et mes jambes tremblent violemment. Pas un seul moine dans le monastère, pas de vue magique non plus, la brume a recouvert toute la montagne. Le couple que j’accompagne négocie une chambre pour nous trois. Je n’ai pas bien compris quel était exactement le problème, mais apparemment je ne pouvais pas avoir une chambre seule par ce qu’étrangère. Peu importe, nous finissons par avoir une petite chambre à un prix scandaleusement élevé (80 Yuan) sans radiateur et avec un point collation aussi cher et et mauvais. La seule chose de bien, c’était les couvertures chauffantes.

Après une nuit de sommeil agitée, je me réveille couverte de courbatures. Mes jambes sont raides et mes pieds couverts d’ampoules. Mais je tiens à aller jusqu’au bout. Je me convaincs que je peux le faire. Et c’est reparti…Je monte encore et toujours des escaliers. Après deux heures, je finis par écouter mon corps qui hurle de douleurs et je rends les armes. Il me restait encore 5 heures de montée à pic, et un des restaurateurs qui jalonnent le parcours m’a confirmé que je pouvais toujours me brosser pour avoir droit au super lever de soleil promis sur la carte.

Toute motivation ayant abandonné mes forces à ce moment là, j’ai bifurqué après un temple pour redescendre par l’autre versant de la montagne. La descente est sans doute aussi fatigante que la montée, qui m’aura demandée 4 heures.

Je suis arrivée en bas de la montagne, en rampant à moitié avec les cheveux collés au milieu du visage, dans un mélange de sueur et d’humidité ambiante. J’avais à peine la force de parler…

 

 

Et pourtant ! Et pourtant je vous recommande cette ascension. Peut-être pas dans son intégralité, mais avec le bon équipement et une bonne condition physique, vous trouverez sûrement beaucoup de plaisir, particulièrement si vous prenez le temps de lever le nez.

 

 

Informations pratiques

Pour visiter le Mont Emei vous devrez vous rendre dans la petite ville de Emeishan, dans le Sichuan. Elle est proche de la ville de Leshan, célèbre pour son Bouddha géant ! 

Voici quelques conseils qui m’auraient été utiles : 

  • Prenez des vêtements de rechange et de quoi vous sécher. Moi je suis partie avec un tout petit sac à dos avec juste une paire de chaussette et une culotte en rab’. Autant dire que je n’étais pas du tout préparée !   
  • Prévoyez également de quoi manger. Les petits « restaurants » qui jonchent le parcours sont très chers ! 
  • Emportez avec vous beaucoup d’eau
  • Ayez votre passeport avec vous ! Il est indispensable pour que vous puissiez dormir dans un des monastères. 
  • Et bien sûr de la monnaie pour payer l’hébergement et le téléphérique/bus pour le retour, si vous pensez en avoir besoin.

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