Philippines

Sibuyan, diamant brut philippin

Et me voilà repartie pour un tour en ferry ! Cette fois, il sera assez court, la distance entre Romblon et Sibuyan est assez faible.

Je prends le pari de m’arrêter au nord de l’île, du côté de Magdiwang. C’est d’ici que partent les trek pour le mont Guiting-Guiting, le plus haut sommet de l’île qui culmine à 2000 mètres.

A peine arrivée, je saute sur une moto qui m’amène au centre du village. Je fais des pieds et des mains pour me faire comprendre et essayer d’économiser un trajet entre la guesthouse que j’ai repéré sur Tripadvisor et le centre des guides de randonnée se trouve un peu plus loin au-delà de mon point de chute.

J’arrive finalement à trouver un accord avec mon chauffeur et nous irons dans un premier temps au centre des guides et il m’amènera ensuite à ma guesthouse. Cela m’évitera de payer un aller-retour supplémentaire inutilement.

J’ai d’ailleurs bien fait, je n’ai pas réussi à trouver un accord avec les guides. Le prix du trek était beaucoup plus élevé que prévu dans mon budget. C’est toujours un peu le problème quand on voyage seule. On paye plein pot pour les taxis, les guides, les chambres doubles…trouver quelqu’un avec qui partager ces frais au bon moment n’est pas toujours évident.

Vue depuis le verger

Me voilà donc amenée par mon chauffeur à ma guesthouse, qui se révèle être largement au-delà de mes attentes. L’ensemble des bungalows est entouré d’une forêt entretenue et agréable, un petit côté jungle où on s’attend à trouver quelques singes et quelques oiseaux au plumage bariolé. Il règne un calme fou et après ces longues minutes ballottée dans le side-care, c’est plus que bienvenu ! J’ai la chance ultime d’être seule dans mon dortoir et pour une somme dérisoire. Le pied total !

Après un repos mérité, je fais la connaissance d’un couple de français en voyage depuis plusieurs semaines déjà. Ils me parlent d’une excursion à Cresta da Gallo, une île parait-il paradisiaque comme on en voit sur les cartes postales. Ils souhaitent organiser une sortie sur l’île et me convainquent très facilement de me joindre à eux.

Départ dès le lendemain matin, pour une très longue route jusqu’au sud de l’île d’où nous prendrons un bateau qui nous amènera jusqu’au fameux ilôt. Je vous épargne la penibilité du trajet, de la quantité de poussière avalée et de l’inconfort du side-care, cela devient redondant. Donc après environ deux heures de route, nous arrivons non loin de San Fernando, d’où nous prenons un bangka pour une traversée de quelques miles nautique.

L’île de Sibuyan se détache au fur et à mesure que nous nous éloignons du rivage et le mont Guiting-Guiting domine l’ensemble de la scène. Les palmiers s’agitent mollement au loin. En même temps que nous progressons, l’écume des vagues vient laisser quelques cristaux de sel sur nos joues.

Après plusieurs minutes, nous voyons enfin poindre à l’horizon une fine bande de sable blanc et quelques palmiers. La vision est absolument magique. Un îlot paradisiaque où le temps d’une journée, vous êtes de retour au « Lagon Bleu ». Une petite brise qui rafraîchit un peu l’air et les montagnes de Sibuyan en fond plage de sable blanc, palmiers, cocotiers, eaux turquoises et bleu limpide. Une petite cabane en feuilles de palmiers est en fin de vie, mais tiendra encore suffisamment longtemps pour nous protéger du soleil cuisant. Nous ne nous faisons pas prié et partons dès que possible nous rafraîchir dans l’eau et explorer le fond de ces eaux turquoises.  J’ai pu apercevoir furtivement deux jeunes requins à pointe-noire. J’étais sûrement aussi surprise qu’eux de cette rencontre. Même si je sais qu’ils sont inoffensifs, cela fait son petit effet 🙂

Les journées sont courtes lorsque l’on est dans un cadre pareil. Nous repartons à la tombée de la nuit en ayant eu l’impression de n’avoir passé que quelques minutes sur ce banc de sable, accompagnant le coucher du soleil qui embrase l’horizon et les eaux azures qui s’étirent au loin. On aperçoit furtivement une nageoire de dauphin qui s’éclipse aussitôt dans le mouvement de la mer. Image furtive et à peine perceptible.  Nous atteindrons le rivage aidé par une lampe de poche et repartirons pour deux heures chaotiques dans le side-care.

L’île de Sibuyan est sans aucun doute de ces endroits que l’on chérit d’avoir trouvé un jour sur sa route. Ces îles encore préservée du tourisme de masse peuvent se vanter d’avoir préservé leur cadre et leur environnement. Cependant le revers de la médaille et le manque d’infrastructure nécessaire à l’amélioration de la qualité de vie des habitants. Les routes sont goudronnées tronçon par tronçon, mais cela semble prendre un temps incroyable et aller au rythme des rentrées d’argent.
La simplicité et la douceur de vivre qui règnent ici sont rafraîchissantes. Le chemin pour accéder à l’île est long et fatigant, mais il en valait largement la peine. J’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé un diamant brut.

Je repars quelques jours plus tard, en direction du Sud de l’île pour y prendre un nouveau bateau vers Panay, transition pour atteindre l’ile de Cebu.

Dans la jeepney, je suis seule au milieu des philippins, le véhicule est poussif et clairement en fin de vie. On s’arrête plusieurs fois en bas des côtes pour aider le véhicule à faire les quelques mètres supplémentaires. De la fumée se dégage violemment du pot d’échappement. Tous les passagers rient de bon cœur de cette situation burlesque et moi aussi.

Le paysage alterne entre rizières et petites plages de graviers. Les buffles paissent tranquillement et les aigrettes restent à leur côté. Chacun trouvant son compte dans la présence de l’autre.

J’arrive finalement à destination et pose mon sac à la guesthouse. Coup de foudre total pour cette toute petite maison, située à 2 mètres de la plage. (L’expression les pieds dans l’eau est parfaitement adaptée)

La chaleur était étouffante et l’air marin qui traverse toute la maison, offre une vraie bouffée d’oxygène. Le bruit des vagues crée une atmosphère vraiment apaisante et relaxante. Le rythme est régulier et léger. Ma chambre est étroite et sommaire, mais mes fenêtres donnent directement sur la mer. Je n’ai même pas besoin d’étirer le cou pour arriver à voir le large. Mes fenêtres sont devenues des tableaux vivant évoluant au fil des heures et de la luminosité.

Je me pose près de la fenêtre dans le salon et écrit quelques lignes sur mon journal. Le lieu est inspirant, il faut bien le dire.

Après une balade agréable dans le village où les maisons fleuries offrent un cadre agréable, je me pose au bord de la plage dans ce que l’on appellerait une « guinguette ». Il n’y a personne. Je suis seule avec mon livre à regarder le soleil se coucher sur l’horizon. Le ciel est d’un jaune orangé magnifique. Quelques bangkas sillonnent encore les eaux calmes. Je n’échangerai ma place pour rien au monde. Cette sérénité qui n’est offerte qu’en de trop rares moments est précieuse et mérite d’être savourée jusqu’à son dernier instant. Le hamac continue de me bercer mollement tandis que le soleil disparaît au loin.

Je resterai deux jours ici, avant de repartir pour de nouvelles péripéties philippines 🙂

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