Iran,  Moyen-Orient

Randonnée dans la chaîne des Alborz

Lorsque j'ai planifié mon voyage en Iran, j'avais entendu parlé de la Vallée des Assassins et de la chaîne de montagne des Alborz. J'avais très envie de partir à la découverte de la nature iranienne en m'organisant une petite randonnée bien comme il faut. 

De Téhéran à Garmarud

A mon arrivée à Téhéran, j'ai tout de suite sauté dans le premier bus en direction de Qazvin à deux heures au nord.
Le massif des Alborz avec des sommets dépassant les 5000 mètres est un fabuleux terrain de jeux pour les amoureux de randonnées ou d'alpinisme, mais également pour ceux qui s'intéressent a l'Histoire : c'est ici que vous trouverez la vallée des assassins, également appelée Vallée d'Alamut, dont on trouve de nombreuses références dans des jeux vidéos comme Prince of Persia et Assassin's Creed; au cinéma ou dans les écrits de Freya Stark.

Cette vallée aurait notamment abrité les assassins d'Hasan El Sabbah, mercenaires illuminés à sa solde, dans la forteresse d'Alamut. La vallée possède plusieurs autres forteresses, mais toutes sans exception sont en ruines aujourd'hui. Vous trouverez plus d'information concernant la vallée et son histoire ici.

Personnellement, j'ai choisi de pousser un plus loin et ai élu domicile pendant quelques jours à Garmarud, petit village de montagne.

Après deux heures de bus, j'arrive à Qazvin et saute dans un savari (taxi partagé entre plusieurs passagers).  A la sortie de la ville, déjà les montagnes apparaissent au bout de la route et laissent présager un paysage enchanteur.

 

 

En réalité, la route à travers la vallée qui mène à Garmarud est tout simplement magnifique. Les montagnes revêtent des couleurs époustouflantes mêlées de reflets d'or et de vert-de-gris. Au détour d'un virage, des oasis apparaissent rapidement et offrent quelques instants de fraîcheur et de vie au milieu de cette aridité. Les peupliers et les cyprès s'épanouissent facilement et avec l'arrivée de l'automne, offrent de généreuses couleurs jaunes et rouges au milieu d'une verdure étonnamment présente.

Je ne parviens pas à décrocher mon regard de la montagne. Avec l'après-midi qui touche à sa fin, le spectacle est encore plus magistral. Je suis scotchée par ce que je vois.
Après deux heures de virages et après avoir déposé tous les autres passagers, mon taxi s'arrange avec un villageois et me jette dans sa voiture, à une trentaine de kilomètres de Garmarud. Visiblement, la route ne l'émouvait pas autant que moi et il était pressé de rentrer à Qazvin.

Mon nouveau chauffeur se révélera être très bavard...dommage que mes connaissances en Farsi se limitent à Salaam et Mersi.
Cela dit, il ne s'est pas découragé et a continué à poser des questions tout en parlant de plus en plus fort, comme si je comprendrais mieux s'il le disait en hurlant...Des moments burlesques qui sont chérissables.

Nous croisons un berger et ses chèvres, qui reviennent des pâturages. Il ne semble pas vraiment surpris de me voir dans la voiture...Je tente quelques photos à travers la vitre sale. La poignée pour la baisser est inexistante...c'est même à se demander comment la voiture parvient encore démarrer.

Randonnée dans la vallée

J'arrive finalement à Garmarud en fin d'après-midi, où je suis accueillie par Afshinfar, le gérant de l'hôtel. Un vieil homme d'une gentillesse infinie et dont les notions d'anglais seront plus que bienvenues.
Il m'indiquera un chemin de randonnée à la journée dessinée maladroitement sur un bout de papier. 

Après le petit pont où seuls les hommes et les animaux peuvent passer tourner à gauche ! 

J'ai la "permission" de partir seule, mais je dois rentrer avant 18h. Il se fait un peu de souci pour moi...une femme seule. En attendant, je pars me promener dans le village et croise quelques vieilles dames qui souhaitent se faire tirer le portrait. Les visiteurs sont peu nombreux par ici.

 

La nuit tombe et amène le froid, mais le village perché à flanc de montagne est accueillant et d'un calme ressourçant.

Dès le lendemain matin, je décolle de ma chambre après un nuit trop courte à mon goût.
J'avance en suivant les instructions d'Afshinfar : suivre la route asphaltée, puis prendre le pont en bois et tourner à gauche. Je tombe sur un groupe de touristes qui fait une randonnée sur deux jours en empruntant la même route que moi. Je me joins à eux pendant la durée de mon tour.

Pendant 5 heures, j'aurais le souffle coupé par la beauté du panorama.
Des montagnes aux reflets d'or, des oasis encore et toujours qui surgissent à des endroits inattendus, le ciel d'un bleu infini et des canyons qui se forment dans le lit de la rivière.

Le chemin est caillouteux et parfois sablonneux et je regrette mes chaussures de randonnée. J'ai les chevilles en feux à force de compenser l'inclinaison, mais cela ne gâche rien au plaisir que j'ai d'être là.
Une route serpente et tranche dans les dorures ambiantes de l'autre côté de la vallée. Un vieux camion semble descendre la montagne plus facilement qu'il n'a dû la monter.

Le dénivelé est parfois un peu raide, mais c'est sur de courtes distances.
J'ai du mal à ranger mon appareil photo tellement tout ce que je vois est beau et empreint de poésie.
J'imagine la rudesse de la vie dans ces montagnes lorsque l'hiver arrive et me demande ce que les anciens ont dû faire comme trajets à travers ces sommets pour aller chercher ce qui était essentiel à leur subsistance.

J'imagine également la vie de ces bergers montant jusqu'au caravanserail perchés là-haut avec les troupeaux et me demande s'ils regrettent cette époque et si l'arrivée des motos et des voitures les a aidés dans leur quotidien ou si au contraire, a condamné leur mode de vie  à une lente disparition.

Je finis par redescendre de la montagne et arrive sur une portion de route non goudronnée. Je quitte mes compagnons de voyage et finis seule sur les 10 derniers kilomètres en longeant la rivière. Je me pose quelque minutes et engloutis la pomme offerte par Afshinfar le matin même...

 

Je croise une dame du village en arrivant, qui entame la conversation, une fois de plus incompréhensible. On se met toutes les deux à faire de grands gestes pour essayer de se comprendre. En vain.

A mon arrivée à l'hôtel, je trouve Afshinfar assis sur la terrasse, attendant le coucher du soleil et regardant en direction du village. Je me joins et à lui et nous partageons quelques fruits, dans le silence.
Parfois, les mots sont inutiles...

Informations pratiques

Je vous recommande de séjourner à Garmarud au Navizar Hotel +0098285394206 http://www.navizarhotel.com/en/
Afshinfar le gérant a été d'une gentillesse extrême et ses notions d'anglais sont largement suffisantes pour communiquer avec lui et pour qu'il vous fasse part de ses recommandations.

Pour vous rendre à Garamrud :

  • Bus de Téhéran à Qazvin environ 2h30 depuis la station de bus nord.
  • Prendre un taxi de la station de bus de Qazvin vers la station de Savaris de Gazor Khan environ 15min ou gérer avec le chauffeur du bus pour qu'il vous dépose à la station de savari. Cela doit être faisable.
  • Savari jusqu'à Garmarud

Pour ceux qui souhaitent se rendre à Gazor Khan, il y a une auberge juste à l'entrée du village, près de la mosquée. très rudimentaire et froide (passage mi-octobre) et avec seulement trois lits en "dortoir". Cela dit, très bon marché. Cela peut faire l'affaire comme point de départ vers des randonnées et les voyageurs y ont laissé leurs conseils dans un cahier. 

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