Philippines

Les îles Romblon : paradis perdu philippin

Les îles Romblon, ce sont trois îles soeurs, perdues au milieu de la mer de Sibuyan. Composées de Las Tablas, Romblon et SIbuyan, elles sont difficiles d’accès et demandent patience et abnégation pour être atteintes. Paradis perdu loin des touristes, ces îles ont été un véritable coup de coeur et m’ont fait oublier toutes les difficultés rencontrées.

De Sabang à Romblon

Même si l’île de Mindoro a un certain charme, je n’ai pas vraiment eu le temps de l’apprécier et je quitte le village de Sabang sans trop de regrets, même si les plongées m’ont laissé de beaux souvenirs. Les quelques mètres que j’ai parcourus dans le village pour monter dans le jeepney, m’ont laissé une drôle d’impression. Une ambiance un peu malsaine flottait dans l’air.

Mon côté sauvage aimant les lieux reculés et peu fréquentés me pousse vers l’île de Sibuyan, la plus à l’Est des îles Romblon, situées au large de Mindoro. Atteindre l’île est plus simple depuis le port de Batangas sur l’île de Luçon, mais cela m’oblige à rebrousser chemin et je préfère me compliquer la tâche. C’est plus aventureux !

Me voilà donc sautant dans une jeepney pour rejoindre  le village de Roxas d’où je dois prendre un ferry pour rejoindre la première des trois îles : Las Tablas. Le trajet est long et éprouvant et le timing est trop serré. Le ferry part sans moi et me voilà coincée pour une nuit à Roxas.

Me voilà donc à la recherche d’un logement pour la nuit. Débarquant dans ce qui ressemble à une petite guesthouse de charme, une dame au maquillage un peu trop appuyé et à la tenue extravagante m’accueille. Je réalise très vite que j’ai mis les pieds dans un bordel. Après discussion avec la « gérante » et quelques secondes d’hésitation je passe mon chemin. Je suis à peu près sûre que j’aurais passé une soirée improbable et mémorable, mais croyez le non ou pas, c’est la soirée karaoké qui m’a convaincue de ne pas rester.

J’ai finalement trouvé une chambre minuscule dans un autre établissement un peu plus loin. Après une nuit un peu pénible me voilà sur le ferry en direction des îles Romblon. La traversée est longue elle aussi et j’arrive tard sur Las Tablas. Je dois aller de l’autre côté pour prendre le ferry pour Romblon Town, sur l’île centrale. 

Très rapidement je sympathise avec un touriste philippin, qui est en voyage d’affaire sur les iles. Il négocie avec un motard pour qu’il nous prenne tous les deux sur son scooter et nous emmène à l’embarcadère. Le deal fait, nous grimpons tous les trois avec nos sacs de voyage pour une heure de scooter à travers les routes sinueuses de l’île. Je tiens un sac à bout de bras, légèrement en appuie sur une jambe, lui porte mon sac de voyage sur le dos et notre chauffeur envoie tout ce qu’il peut dans la bécane qui doit faire au mieux 100cc. Trois sur un scooter avec autant de bagages, je peux vous dire que quand je suis arrivée au village, j’étais plus toute fraîche…

Je trouve finalement une chambre assez glauque, mais une fois de plus ce n’est que pour la nuit. Le village est assez peu animé, voire peu accueillant et j’ai  beaucoup de mal à trouver de quoi m’alimenter. Et puis, il y’avait une ambiance étrange… Bref, levée aux aurores le lendemain, je m’éclipse rapidement pour un trajet très court en ferry. J’arrive enfin sur l’ile de Romblon et parviens tant bien que mal à me trouver une petite chambre, au-dessus d’une quincaillerie.

Je profite de mon arrivée matinale pour aller me promener le long du littoral. Les villageois me font de grands signes et se prêtent volontiers à quelques photos souvenirs. Notamment cette mamie qui voulait absolument que je la prenne en photo avec ses petits enfants.

En continuant mes déambulations, je finis par tomber par hasard sur une course de bateaux. C’est l’effervescence au bord de l’eau. De très nombreux villageois se sont rassemblés pour assister à cette activité dominicale. Je me pose à quelques mètres de là et observe les prouesses des hommes qui s’accordent ces quelques heures de plaisirs. Certains spectateurs m’observent, mais globalement ma présence indiffère le plupart des personnes qui sont là. Le cadre est agréable et je savoure le plaisir de pouvoir partager ces moments de vie.

Au moment de repartir, je suis abordée par deux hommes habillés en tenues militaires. Ils parlent un anglais très correct et nous échangeons quelques mots sur ma présence ici aux Philippines. Ils me proposent de m’amener au phare, qui est normalement strictement réservé au personnel de surveillance, mais ils feront une exception pour moi (huhu). Il paraît que la vue est exceptionnelle là-haut. 

J’ai un peu hésité, mais j’accepte finalement de monter dans leur 4×4. Après tout, je n’ai pas traversé la moitié du globe pour me méfier de tout le monde. Après quelques minutes de voiture, nous arrivons au niveau de leur « caserne » et au phare. Il est assez petit et ne sert qu’à avoir un point de vue sur l’ensemble de la baie. Mais alors quel point de vue ! Je suis totalement subjuguée par la beauté de ce que je vois.

Romblon - Philippines

Toute l’île est bordée d’eaux d’un bleu azur profond évoluant vers des nuances de cyan et de turquoise à mesure que l’on se rapproche de la côte. Les quelques récifs étendus sur le fond et les îles qui se détachent en arrière plan donnent de la texture à ces couleurs vives. Il y a une petite bise légère qui adoucit la température et fait légèrement bouger les feuilles des cocotiers. Je n’en reviens pas de tant de beauté. J’ai le souffle coupé par ce paysage digne d’une carte postale.

Je finis par redescendre de mon perchoir et après quelques minutes de discussion avec les militaires je repars vers le village en longeant la côte, accompagnée par l’un d’eux. Après quelques minutes de marches, nous arrivons devant une des casernes où s’entraînent ses co-équipiers. Je suis réquisitionnée pour une petite photo souvenir avec toute l’équipe. Je finis seule le trajet et c’est le sourire aux lèvres et recouverte de coups de soleil que cette journée s’achève. 

Après un ou deux jours supplémentaires à flâner sur l’île de Romblon, je pars à regret, mais avec l’excitation de découvrir ce que Sibuyan me réserve.

Romblon philippines
Romblon - Philippines

Sibuyan, diamant brut philippin

Et me voilà repartie pour un tour en ferry ! Cette fois, il sera assez court, la distance entre Romblon et Sibuyan est assez faible.

Je prends le pari de m’arrêter au nord de l’île, du côté de Magdiwang. C’est d’ici que partent les trek pour le mont Guiting-Guiting, le plus haut sommet de l’île qui culmine à 2000 mètres. A peine arrivée, je saute sur une moto qui m’amène au centre du village. Je fais des pieds et des mains pour me faire comprendre et essayer d’économiser un trajet entre la guesthouse que j’ai repérée sur Tripadvisor et le centre des guides de randonnée qui se trouve un peu après la guesthouse.

J’arrive finalement à trouver un accord avec mon chauffeur et nous irons dans un premier temps au centre des guides et il m’amènera ensuite à ma guesthouse. Cela m’évitera de payer un aller-retour supplémentaire inutilement.

J’ai d’ailleurs bien fait, je n’ai pas réussi à trouver un accord avec les guides. Le prix du trek était beaucoup plus élevé que prévu dans mon budget. C’est toujours un peu le problème quand on voyage seule. On paye plein pot pour les taxis, les guides, les chambres doubles…trouver quelqu’un avec qui partager ces frais au bon moment n’est pas toujours évident.

Me voilà donc amenée par mon chauffeur à ma guesthouse, qui se révèle être largement au-delà de mes attentes. L’ensemble des bungalows est entouré d’une forêt entretenue et agréable, un petit côté jungle où on s’attend à trouver quelques singes et quelques oiseaux au plumage bariolé. Il règne un calme fou et après ces longues minutes ballottée dans le side-care, c’est plus que bienvenu !

Après un repos mérité, je fais la connaissance d’un couple de français. Ils me parlent d’une excursion à Cresta da Gallo, une île paradisiaque au sud de SIbuyan. Ils souhaitent organiser une sortie sur l’île et me convainquent très facilement de me joindre à eux.

Départ dès le lendemain matin. Je vous épargne la penibilité du trajet, de la quantité de poussière avalée et de l’inconfort du side-care, cela devient redondant, mais après environ deux heures de route, nous arrivons non loin de San Fernando, d’où nous prenons un bangka pour une traversée de quelques miles nautique.

L’île de Sibuyan se détache au fur et à mesure que nous nous éloignons du rivage et le mont Guiting-Guiting domine l’ensemble de la scène. Les palmiers s’agitent mollement au loin. En même temps que nous progressons, l’écume des vagues vient laisser quelques cristaux de sel sur nos joues. Après plusieurs minutes, nous voyons enfin poindre à l’horizon une fine bande de sable blanc et quelques palmiers. La vision est absolument magique.

Un îlot paradisiaque où le temps d’une journée, vous êtes de retour au « Lagon Bleu ». Une petite brise qui rafraîchit un peu l’air et les montagnes de Sibuyan en fond plage de sable blanc, palmiers, cocotiers, eaux turquoises et bleu limpide. Une petite cabane en feuilles de palmiers est en fin de vie, mais tiendra encore suffisamment longtemps pour nous protéger du soleil cuisant.

Nous ne nous faisons pas prié et partons dès que possible nous rafraîchir dans l’eau et explorer le fond de ces eaux turquoises.  J’ai pu apercevoir furtivement deux jeunes requins à pointe-noire. J’étais sûrement aussi surprise qu’eux de cette rencontre. Même si je sais qu’ils sont inoffensifs, cela fait son petit effet 🙂

Les journées sont courtes lorsque l’on est dans un cadre pareil. Nous repartons à la tombée de la nuit accompagnant le coucher du soleil qui embrase l’horizon et les eaux azures. On aperçoit une nageoire de dauphin qui s’éclipse aussitôt dans le mouvement de la mer. Image furtive et à peine perceptible.  Nous atteindrons le rivage aidé par une lampe de poche et repartirons pour deux heures chaotiques dans le side-care.

L’île de Sibuyan est sans aucun doute de ces endroits que l’on chérit d’avoir trouvé un jour sur sa route. Ces îles encore préservées du tourisme de masse peuvent se vanter d’avoir épargnées leur cadre et leur environnement. La simplicité et la douceur de vivre qui règnent ici sont rafraîchissantes. Le chemin pour accéder à l’île est long et fatigant, mais il en valait largement la peine. J’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé un diamant brut.

Je repars quelques jours plus tard, en direction du Sud de l’île pour y prendre un nouveau bateau vers Panay, transition pour atteindre l’ile de Cebu.Dans la jeepney, je suis seule au milieu des philippins. Le véhicule est poussif et clairement en fin de vie. On s’arrête plusieurs fois en bas des côtes pour aider le véhicule à faire les quelques mètres supplémentaires. De la fumée se dégage violemment du pot d’échappement. Tous les passagers rient de bon cœur de cette situation burlesque et moi aussi.

Le paysage alterne entre rizières et petites plages de graviers. Les buffles paissent tranquillement et les aigrettes restent à leur côté. Chacun trouvant son compte dans la présence de l’autre. J’arrive finalement à destination et pose mon sac à la guesthouse. Coup de foudre total pour cette toute petite maison, située à 2 mètres de la plage. (L’expression les pieds dans l’eau est parfaitement adaptée)

La chaleur était étouffante et l’air marin qui traverse toute la maison, offre une vraie bouffée d’oxygène. Le bruit des vagues crée une atmosphère vraiment apaisante et relaxante. Le rythme est régulier et léger. Ma chambre est étroite et sommaire, mais mes fenêtres donnent directement sur la mer. Je n’ai même pas besoin d’étirer le cou pour arriver à voir le large. Mes fenêtres sont devenues des tableaux vivant évoluant au fil des heures et de la luminosité.

Je me pose près de la fenêtre dans le salon et écrit quelques lignes sur mon journal. Le lieu est inspirant, il faut bien le dire.

Après une balade agréable dans le village où les maisons fleuries offrent un cadre agréable, je me pose au bord de la plage dans ce que l’on appellerait une « guinguette ». Il n’y a personne. Je suis seule avec mon livre à regarder le soleil se coucher sur l’horizon. Le ciel est d’un jaune orangé magnifique. Quelques bangkas sillonnent encore les eaux calmes. Je n’échangerais ma place pour rien au monde. Cette sérénité qui n’est offerte qu’en de trop rares moments, est précieuse et mérite d’être savourée jusqu’à son dernier instant. Le hamac continue de me bercer mollement tandis que le soleil disparaît au loin.

Je resterai finalement deux jours ici, avant de repartir pour de nouvelles péripéties philippines.

Informations pratiques

Les îles Romblon sont situées dans la mer de Sibuyan, à l’est de l’île de Mindoro et au Sud de Luçon. Pour y accéder vous avez plusieurs possibilités, mais celle que je vous recommande définitivement est de prendre le ferry de puis Batangas.

Il vous déposera en une nuit sur l’île Romblon (l’île centrale) dans la ville de Romblon (oui ça manque d’originalité) et vous épargnera un trajet inutile à travers Las Tablas. Pour vérifier les horaires des ferry et les trajets, je vous conseille d’uitliser ce site. Il vous donnera des indications claires sur les jours de départs et les trajets.

Je ne peux vous recommander de logement sur l’île de Romblon. Celui que j’ai trouvé était vraiment très sommaire et une pure coincidence. Il y a cependant de nombreux hôtels et guesthouse dans la ville de Romblon. Vous trouverez certainement de quoi vous loger dans votre budget si vous êtes patient. Sinon, je vous recommande de passer par Tripadvisor avant votre arrivée sur l’île. Cela vous évitera de marcher pendant des heures à la recherche d’un logemen décent.

Pour ce qui est de SIbuyan, je vous recommande définitivement le resort dans lequel j’ai logé. Il s’agit du Sanctuary Garden Resort situé à la sortie du village de Magdiwang. Ils disposent de Bungalow privatifs et de lits en dortoir. Le cadre est vraiment très agréable.

Pour vous rendre sur Cresta da Gallo, vous pouvez booker le trajet avec eux. Cependant, sachez que vous devrez affronter un trajet long et éprouvant pour y arriver. Si vous préférez vous économiser la fatigue d’un tel trajet, vous devrez vous rendre dans le village de San fernando et y organiser le trajet en bateau vers Cresta da Gallo.

C’est le village le plus au sud de l’île et donc le plus proche.il vous en coûtera quasiment la même chose que vous fassiez la réservation depuis Magdiwang ou San Fernando. En revanche, il est plus confortable de rejoindre Sans Fernando en Jeepney.

2 Comments

    • Vany

      Cet ilot était complètement dingue. Exactement comme on peut s’imaginer les Philippines, mais sans touristes 🙂 La paradis !
      Et cette chambre avec vue… Elle était vraiment très basique, mais le bruit des vagues et le vue faisaient oublier tout le reste. il ne m’en fallait pas plus 🙂

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