Iran,  Moyen-Orient

Iran : Virée dans le désert des Kalut

Lorsque l'on pense à l'Iran, on pense avant tout à une région désertique avant de se dire qu'ils ont peut-être des stations de ski et des rizières dans le Nord.

On pourrait se dire que les déserts finalement ne sont que des étendues de sables à perte de vue où la végétation est absente et la chaleur impossible à oublier.

En fait, lorsque vous prenez le temps de regarder ce qui vous entoure, vous voyez des nuances de couleurs, des évolutions dans la découpe du paysage, et une modification progressive du terrain. C'est valable dans toutes les régions du monde. Cependant, ce que j'ai vu dans les déserts du Kavir et du Kalut m'a ému d'une manière bien particulière.

Pour partager au mieux ces moments, j'ai décidé de vous livrer un extrait de mon carnet de voyage, rédigé dans le taxi qui me conduisait dans le désert des Kalut.

Désert des Kalut

Paysages incroyables une fois de plus. Des roches tantôt rouge, tantôt verts, tantôt gris. Alternance de strates qui irradient de couleurs la montagne. 

Les montagnes sont partout et nous traversons des corridors où s'étirent une palette de couleurs chaudes tel un arc-en-ciel ceignant le bord de la route. Les kilomètres et l'asphalte défilent. Nous contournons ces montagnes immenses et imposantes. De temps en temps une oasis surgit et rappelle que l'automne est là. Mélange de feuilles d'or et de grenat.
Une petite cabane au toit bleu, perchée à flanc de montagne tranche avec le reste du décor.

Je suis épuisée et le manque de sommeil devient pesant. Mes paupières sont lourdes, mais je lutte pour ne pas en perdre une miette. Ne jamais oublier ces couleurs et ces sommets d'ambre, de rose et d'ocre.
Un arbre probablement centenaire résiste à la rigueur du désert iranien et semble s'être lancé dans la course au sommet tant ses ramifications sont hautes et étendues. Son imposante stature tranche singulièrement avec le reste du décor. Il semble seul contre tous.

Ma fatigue aura finalement été la plus forte et je me réveille dans un décor totalement différent. Les montagnes aux mille couleurs ont laissé la place à des steppes d'où jaillissent des monticules de terre et de roches au milieu de champs d'arbustes verts pastel.

Puis plus rien.

Les arbustes disparaissent comme si une ligne imaginaire avait été tracée. Il ne reste que du sable mélangé à des cailloux. Le sol prend des couleurs étranges. Grises et verdâtres à la fois. Et au loin, des sculptures de terre taillées par le vent.

Le désert se pare de jaune et tire vers l'or et l'orange au fur-et-à-mesure que le soleil descend vers la ligne d'horizon. Le ciel est légèrement nuageux, donnant plus de matière au spectacle. Les nuages rosissent lentement pour finalement s'enflammer dans un bouquet final alors que le soleil a déjà disparu derrière les montagnes.
Vision hypnotique et magique d'un moment éphémère et émouvant. 

Nous repartons à la tombée de la nuit. Pas une seule lumière le long de la route. L'obscurité s'installe et nous nous y engouffrons irrémédiablement. Au loin, le ciel est bleu pâle avec une fine ligne rose à l'horizon. Les derniers instants du soleil offrent les premiers des étoiles. Timidement, elles font leur apparition au dessus d'un désert qui a vu naître le monde. Seuls les phares de la voiture tranchent dans la noirceur de la nuit. Nous entrons dans un autre territoire. 

Le désert du Kalut a été formé par l'érosion naturelle du sol entraînée par le vent. La surface de ces monticules est friable, comme s'il s'agissait d'un immense amas de boue séchée, sous lequel se trouverait de la roche. Le point le plus haut des monolithes correspond au niveau du sol il y a des millénaires...cela laisse songeur.

Le désert du Kavir, situé plus au nord, est un désert de sable. Tous les fantasmes ou rêves que vous avez faits sur le désert se matérialisent en ce lieu.
Des dunes de sables à perte de vue, le vent qui soulève chaque grain, faisant lentement danser les courbes de l'horizon de manière imperceptible. Nos traces disparaissent petit à petit, recouvertes d'une nouvelle couche de sable.

Etendue infinie qui avance constamment comblant le moindre interstice et transformant le paysage au fil des années. Il est pour certain la promesse d'une fin proche ; pour d'autre, celle d'une nouvelle aventure romanesque.

Après quelques minutes de route, nous arrivons au Caravanserail dans lequel nous dormirons pour une très courte nuit, avant de repartir à l'aube et observer le lever du soleil sur le désert des Kalut. 
Le Caravanserail est modeste et chaleureux. Les femmes s'activent dans la cuisine pour préparer le dîner des différents groupes de touristes qui passeront la nuit ici. Nous sommes environs 8, tous de nationalités différentes. 
 
On nous observe avec curiosité. C'est la découverte de l'autre aussi pour les iraniens. Bien que le Caravanserail soit régulièrement fréquenté par des groupes de touristes, ils doivent avoir encore beaucoup de questions restées sans réponses à notre sujet. Et inversement. 
Le repas est copieux et simple. C'est la première fois que je mange une orange verte. Plus petites et moins sucrées que leurs cousines à la robe orange, elles n'en restent pas moins délicieuses et désaltérantes. 
 
Dans la soirée, je me suis enfoncée dans la nuit noire de la campagne environnante. J'avais dans l'idée de prendre en photo le ciel étoilé. Malheureusement, je n'avais pas mon boitier pour les poses très longues et toutes mes tentatives se sont révélées inutiles. Je n'ai gagné que le plaisir d'une très grosse frayeur, lorsque les fourrés se sont agités derrière moi. Je n'ai pas attendu de savoir ce que c'était pour rentrer me glisser sous ma couverture.
Le réveil est dur, le lendemain. Il est à peine 4 heures, lorsque nous devons quitter le caravanserail et les nomades. Mais je dois avouer, que cela valait largement ce petit effort. 
Le lever de soleil offre des couleurs magnifiques. Mélanges de bleus, de violet et de jaune. Le décor se révèle lentement. Il n'y a personne autour. Je me sens transportée dans une autre dimension. Le silence est total. C'est un grand moment de sérénité que d'être dans ce désert à cette heure où la vie se réveille lentement.
Comme si on voyait naître le monde...

Désert du Kavir

J'ai booké un tour auprès d'une petite agence de mon hôtel d'Isfahan. Je n'aime pas trop faire ça, en général je suis systématiquement déçue, mais j'avais très envie d'aller voir le désert du Kavir. 

C'est un désert de dunes et de sable. Rien à voir avec le désert des Kalut. 

Nous sommes environ 8 dans le mini-bus qui nous amène jusqu'au lac salé, situé à proximité des dunes. Il n'y a que des couples ou des hommes seuls avec moi. La "guide" qui nous accompagne dans le mini-bus engage un peu la conversation avec moi. Elle est curieuse d'en savoir un peu plus sur moi, mes origines, mon pays et souhaite savoir si tout ce que l'on dit sur la France est vrai. Un interrogatoire en bonne et due forme. 

La route qui amène jusqu'au désert charrie avec elle de douces réflexions. Le paysage change au fur-et-à-mesure que nus avançons, hypnotisant mon regard. 

Les arbustes deviennent de plus en plus rares et le sable fait progressivement sont apparition. Certaines dunes surgissent telles des barrières naturelles sur un sol sec et craquelé. Seuls deux arbres résistent encore à la sécheresse. Il ne faudra pas longtemps avant qu'ils ne soient engloutis par le désert. 

Nous arrivons finalement au "Lac salé" qui jouxte les dunes. Il est beaucoup plus petit que ce que j'espérais. Je pense que je suis tombée sur une agence pas très motivée pour vendre du rêve à ses clients et pas très organisée non plus. Cela dit, le moment est agréable et il faut bien reconnaître que ces monticules de sel font leur petit effet. 

Nous repartons peu des temps après en direction des dunes. Le soleil se couchera dans quelques minutes et nous voulons tous être en haut pour profiter du spectacle. 

Le dune n'est pas très haute, mais son ascension est épuisante ! J'ai l'impression que dès que je fais un pas, je recule de deux. 

J'arrive enfin en haut de cette dune, et je découvre mon premier vrai désert de sable. Celui de Lawrence d'Arabie, des Milles et une nuits et des aventures romanesques.  Le sable est légèrement rosé et s'envole doucement des crêtes au rythme du vente. 

Les grains oscillent et ondulent ensemble avant de s'échapper vers la dune suivante. La dune bouge et semble s'animer par moment. Le soleil tombe de plus en plus sur l'horizon. Les températures tombent brutalement et le vent ne faiblit pas. Il emporterait mon voile en une demie-seconde si je n'y faisais pas attention. 

Il est maintenant temps de redescendre vers le véhicule. Nous nous dirigeons vers notre point de chute pour la nuit, avec la possibilité de passer une nuit dans le désert en tente, si on le souhaite. 

A peine arrivée chez nos hébergeurs, il y a des dissensions dans les rangs. Je ne parle pas Farsi, mais il est clair qu'il y a eu un malentendu sur la prestation et le prix entre les deux prestataires. 

Je préfère passer mon tour et dormir au chaud plutôt que de me retrouvée lâchée dans le désert par des gens qui ne savent pas gérer leur business. 

Vu les retours que j'ai eus le lendemain, j'ai bien fait de prendre l'option tout confort...

 

Informations pratiques

Se loger

Impossible de trouver un hébergement décent. J'ai été obligée de loger chez Amid GuestHouse, étonnamment recommandé par le Lonely Planet et qui est sans aucun doute l'endroit le plus glauque de Kerman en compétition avec Milad Guesthouse. En revanche, si vous êtes fauché(e) c'est un bon endroit, mais il faut aimer les ambiances coupe-gorge et bed-bugs...

Donc à votre arrivée en ville, organisez votre trip dans le désert des Kalut le plus tôt possible et réservez votre/vos nuitée(s) à l'avance auprès de l'Hotel Akhavan ou un autre si vous arrivez à trouver un hôtel avec de bons avis sur Tripadvisor :s

Se rendre dans le désert des Kalut

L'Hotel Akhavan pourra vous organiser votre trip dans le désert et si vous voyagez seul, ils vous aideront à trouver d'autres voyageurs pour partager les frais de taxi. 
Cela inclut une nuit en caravanserail. Je recommande vraiment ce tour, les paysages sont une pure merveille.

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