Réflexions

Coup de coeur : L’exposition « Human » de Yann Arthus-Bertrand

En juin dernier, j'étais de retour à Paris pour quelques jours. Les caprices de la météo m'ont conduite au sein de la Fondation Good Planet. Heureux hasard, car j'y ai découvert l'exposition "Human" de Yann Arthus-Bertrand. Cette exposition m'a fait chavirer le coeur. Cela a été un coup de foudre incroyable et il m'était impossible de garder cela pour moi. Le bonheur se partage à volonté !  

 

Du hasard d'une belle rencontre

 

Je passe quelques jours avec Roudoudou à Paris et j'en profite pour lui faire visiter la ville. Il a un guide touristique personnel, cela ne se refuse pas.

C'est un jour de printemps comme un autre dans la capitale. Il pleut. Sauf que cette fois, c'est une pluie d'été qui s'abat sur nous. Pas de parapluie, mes orteils prennent l'eau dans mes chaussures ouvertes et mes cheveux se mettent à boucler dans tous les sens. Mais peu importe, cette pluie offre un cadre romantique quand on y pense.

Au fur-et-à-mesure que la chaussée s'innonde, la petite promenade parisienne que nous avions prévue s'éloigne. On réfléchit alors à un plan de secours assis autour d'un café au Trocadéro. Après quelques minutes de recherches sur Internet, on tombe sur la Fondation GoodPlanet.
Le nom m'interpelle immédiatement. Forcément...l'environnement est mon cheval de bataille et également celui de Roudoudou. On est juste à côté, alors, ni une ni deux, on s'empresse d'aller fouiner par là-bas.

Créée en 2005, la Fondation GoodPlanet, Reconnue d'Utilité Publique (FRUP), a pour objectif de mettre l'écologie au coeur des consciences et susciter l'envie d'agir concrètement. Ainsi, elle sensibilise le public à la protection de l'environnement et l'invite à un mode de vie plus respectueux de la terre et de ses habitants.

Tout près de l'hippodrome de Longchamp et de ses très célèbres pistes, se cache cet espace dédié à la biodiversité, à l'humanisme, à leur protection et à l'envie de concilier ce grand tout.

En avançant sur le petit chemin qui mène à l'accueil, on est tout de suite séduit par l'ambiance très particulière qui s'en dégage. On pénètre dans une bulle de sérénité et de tranquillité alors que quelques secondes plus tôt, le vacarme incessant des véhicules était prenant.

Dans le parc qui entoure la Maison de la Fondation, des sentiers pédagogiques ont été installés. Nichoirs, hôtels à insectes, ruches, balises botaniques, jardin des parfums sont disséminés au fil de la petite promenade.

Au détour d'un arbre, des couleurs vives détonent soudainement dans ce cadre de verdure. L'exposition Terra apparaît entre deux arbres. Une succession de 60 photos qui évoquent la vie, la mort, la destruction et la (re)construction, provoquant cet incroyable ascenseur émotionnel alternant joie, tristesse, colère et tendresse. 18 photographes internationaux se sont engagés dans ce projet, dont Vincent Munier (mon préféré).

 

HUMAN : un déferlement d'émotions

 

En poursuivant sur le petit chemin qui serpente entre les arbres du parc, la Maison de la Fondation apparaît. C'est ici que l'exposition Human se tient. Je n'en attendais rien de particulier, ne sachant pas vraiment de quoi il était question. Je n'ai pas vu le film et j'en ai vaguement entendu parler (je devais être quelque part au fin fond de l'Asie à cette époque). La surprise n'en a été que plus belle.

Je monte les escaliers qui mènent à l'exposition Human et je me retrouve entourée des échecs et des réussites de l'humanité. Des bribes de chiffres et de phrases sortis de rapports menés par des organisations internationales et humanitaires depuis de nombreuses années, sont inscrits sur les murs. Une longue série de chiffres pour se rappeler que rien n'est perdu, mais que tout reste encore à faire. Que malgré les chiffres terribles qui sont affichés sur les murs immaculés de la Fondation, il y a partout autour de nous des gens qui oeuvrent pour faire pencher la balance du bon côté. Celui de ceux qui veulent améliorer les choses.

Environ 30 pays ont renoncé à disposer d'une armée (dont l'Islande, le Panama et le Costa Rica)

En lisant tous ces chiffres pendant que je monte les escaliers, des souvenirs de conversations, des reportages, des documentaires me reviennent en mémoire. On sait...mais on oublie. On oublie parce que l'on est absorbé par notre rythme quotidien, par nos soucis, par nos projets et puis parce que tout ça semble tellement loin...et pourtant si proche. 

Des rires et des voix s'exprimant dans des langues lointaines et incompréhensibles montent soudainement du bout du couloir. 

Je me faufile dans une des salles à l'entrée desquelles est écrit un mot, une phrase : "Bonheur", "Mosaïque" et d'autres. Plongée dans l'obscurité, des portraits s'animent sur le mur. La mosaïque d'écrans projetée dans la pièce bouge au gré des portraits. Le regard est attiré à gauche, à droite, en bas... On attend avidement de savoir qui sera la prochain à prendre la parole.

Tous ces témoignages me touchent au plus profond de mon être. Les drames ou les bonheurs qu'elles ont vécus sont racontés de manière franche et directe. Les yeux plantés dans les vôtres. Il n'y a pas d'échappatoire possible. Ici on se livre à coeur ouvert. On est honnête. On se dit tout. Et on en redemande. Sortir de chacune de ces salles est un exercice difficile, mais entrer dans la suivante est la promesse d'une nouvelle découverte.

Je suis émue, devant la simplicité de ces gens, par leur naturel et par la puissance des mots qu'ils emploient et de l'histoire qu'ils ont à raconter. Le combat d'une vie, les luttes quotidiennes, des drames historiques ou des bonheurs simples. L'émotion est à son maximum.

Human c'est : 2020 personnes interviewées originaires de 60 pays différents qui vous parlent simplement de leurs projets, leurs déceptions, leurs victoires, leurs espoirs et leurs désillusions. C'est aussi 2 ans de tournage exposés à travers 8 heures de vidéo dans un espace de 500m². Des témoignages du monde entier, des réflexions personnelles, touchantes et bouleversantes exprimées de manière simple et posée.

Je suis captivée par ce que je vois, ce que je vis ; par la sagesse de certaines de ces réflexions ; par la beauté de ces visages et la force qui se dégage de chacun d'eux. 

Je me sens happée dans une sphère intimiste et personnelle. Comme si j'étais blottie au coin du feu dans un chalet de montagne un soir d'hiver. Je pourrais rester des heures et des heures à regarder et écouter chacune de ces personnes.

Je continue ma visite et trouve une petite salle, un peu différente des autres. Sur trois des quatre murs sont projetées des paysages d'une beauté à couper le souffle. Le son est associé et offre un rendu spectaculaire. Je me sens comme une enfant perdue dans l'immensité du monde et de ses merveilles.
C'est la vie qui s'anime sous mes yeux. Le souffle lent et profond de l'océan qui se fracasse sur les falaises, le vert vif et éclatant de collines à l'accent irlandais.
Les images vous enveloppent et vous transportent ailleurs et à chaque changement de décor, de nouvelles sensations apparaissent.

Nous finissons notre tour du propriétaire par la magnifique exposition d'instruments de musique du monde. C'est la collection personnelle d'Armand Amar qui a composé toutes les musiques des films et documentaires de Yann Arthus-Bertrand. La pièce vibre des mélodies jouées et du parfums des bois exotiques qui ont servi à fabriquer ces pièces, parfois rares.
La quantité d'instruments amassés au fil des années et au cours de ses nombreux voyages laisse admirative.

Malheureusement, les portes de la Fondation ferment et nous devons quitter les lieux à regret. Je suis complètement vidée par cette découverte. Toutes ces émotions m'ont vraiment chamboulées et ont rempli au fond de moi un grand bol d'émerveillement et de bonheur pur et simple.

Au moment où nous nous dirigeons vers la sortie, le nom d'un mécène m'interpelle, me choque même. Je m'interroge alors, sur le sens réel de tout cela. 

 

L'enfer est pavé de bonnes intentions

 

 

Le travail de Yann Arthus-Bertrand à travers l'exposition Human et celui de la Fondation Good Planet, est orienté vers la sensibilisation à l'environnement, la tolérance et le "vivre ensemble". Cependant, je trouve contradictoire de vouloir promouvoir la protection de la nature et d'avoir comme mécène et/ou partenaire des structures comme BNP ParisBas, Coca-Cola et Bouygues Bâtiment, lorsque l'on sait les ravages que ces entreprises font à travers le monde, par le biais de leurs activités ou de leurs investissements, que ce soit sur le plan éthique, humain et environnemental. 

Je vous avoue que cela me laisse perplexe...S'associer à ces structures dans ce contexte précis, revient à les blanchir, les adouber et en faire des entreprises "éthiques et responsables", alors qu'elles sont parfois au coeur des drames qui sont dénoncés à travers l'exposition Terra et Human.

Je n'ai pas écrit cet article pour polémiquer sur le choix des mécènes et des partenaires de la Fondation Good Planet (quoique...). Mais il y a de quoi se poser des questions. Que celles et ceux qui ont le pouvoir de se faire entendre, prennent la mesure du message qu'ils renvoient en s'associant à des entreprises telles que celles que j'ai citées plus haut. 


Informations pratiques  

Pour en savoir plus sur les travaux de la Fondation 

Se rendre à la Fondation Good Planet 

En métro ou en RER

  • Ligne 1 : station Porte Maillot (prendre la sortie 6) + bus 244
  • Ligne 10 : station Porte d’Auteuil + bus 241
  • RER C : station Neuilly – Porte Maillot + bus 244

En bus

  • Ligne 244 – arrêt Carrefour de Longchamp
  • Ligne 241 – arrêt Camping des moulins

En tram

  • Tram T2 – arrêt Suresnes-Longchamp

Fermeture annuelle du 18 décembre 2017 au 5 mars 2018.

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