Passage de corniche sur le Mont Merbabu
Conseils & Guides Pratiques,  Indonesie

Le Gunung Merbabu du Nord au Sud : Le Guide Pratique

Le Gunung Merbabu est un des volcans en sommeil du centre de l’île de Java. Culminant à 3142 mètres d’altitude, il offre une vue somptueuse sur le Mont Merapi, plus célèbre et plus fréquenté. La plupart des randonneurs qui entreprennent l’ascension du Gunung Merbabu font l’aller-retour depuis le camp de base de Selo, situé sur la face Sud du volcan. Personnellement, j’ai opté pour une ascension du Gunung Merbabu du Nord au Sud c’est à dire au départ de Wekas avec une arrivée à Selo et c’est définitivement cette opion là que je vous recommande.

Choisir d’effectuer l’ascension du Mont Merbabu du Nord au Sud comporte de nombreux avantages :

  1. Elle vous permet de ne pas repasser deux fois par le même chemin,
  2. Vous aurez vue sur le sublime Mont Merapi pendant la quasi totalité de votre redescente,
  3. Vous pourrez voir les volcans Sumbing et Sindoro pendant l’ascension (sinon ils ne sont visibles qu’au sommet)
  4. L’itinéraire est plus agréable sur le versant Nord (moins poussiéreux et moins glissant)
  5. Vous croiserez moins de monde sur la face Nord (et ce n’est pas négligeable)
  6. Vous aurez des points d’eau à disposition

Wekas est le village d’où part la randonnée depuis le versant nord. Vous rendre à Wekas ne sera pas une chose aisée, mais c’est tout à fait faisable si vous vous organisez bien.

Depuis Jogjakarta, dans le sud de l’île de Java.

  • Prenez un minibus jusqu’à Magelang depuis Jogjakarta. Vous pouvez faire une réservation via l’application Traveloka. Elle vous permettra de faire votre réservation en ligne et de voir les horaires de départ des minibus. Le trajet dure environ 1h30. Nous avons pris le minibus au départ de l’agence Alloy Travel (cf carte ci-dessous)
  • Une fois à Magelang vous devrez prendre un Grab (équivalent de Uber) pour rejoindre le village de Wekas et le camp de base

Attention de vous faire déposer au camp de base situé dans le parc du Gunung Merbabu, sinon vous devrez marcher une heure de l’entrée du parc national jusqu’au camp de base et ça monte sérieusement.

L’entrée du parc est immanquable. Elle est marquée par une grande arche qui surplombe le chemin. Elle sera sur votre droite et il n’y a qu’une route qui traverse le village.

Cela nous a pris une demie-journée pour arriver au camp de base. Tout prend beaucoup de temps en Indonésie donc soyez prévoyant…

Durant notre redescente nous avons légèrement dévié de notre route. A force de suivre les autres randonneurs, on ne s’est pas rendu compte qu’onavait pris un autre chemin. Mais peu importe, tous les chemines mènent littéralement à Selo !

Nous avons donc atterri au Gancik Hilltop de Selo, une sorte de point de vue touristique où plein de scooter attendent les randonneurs comme nous, qui n’ont plus la force de mettre un pied devant l’autre. Nous avons donc pris un  scooter (ojek) pour nous ramener au camp de base le plus proche, le temps de remplir les boutielles d’eau et de se reposer un peu pour ensuite repartir toujours en Ojek et sauter dans un bus local en direction de Boyolali. De là, nous avons pris encore un autre bus sur le trajet Boyolali – Solo (à ne pas confondre ave Selo) et enfin un dernier sur le trajet Solo-Jogjakarta.

Les connexions se font relativement bien. L’idée de prendre trois bus différents peut être un peu rebutante, mais cela s’est très bien enchainé pour nous. 

Pour vous rendre jusqu’au camp de base de Wekas depuis Jogjakarta, comptez :

  • 35 000 Rp / personne pour le bus jusqu’à Magelang
  • 80 000 à 100 000 Rp / voiture de Magelang jusqu’au camp de base de Wekas. Cela vous coutera moins cher si vous êtes plusieurs dans le véhicule.
Total pour le trajet aller : 85 000 Rp/personne
 
Une fois dans le parc, vous devrez payer tout un tas de frais et droits de passages. C’est un peu obscure, mais c’est le jeu !
 
  • 150 000 Rp/personne pour le Parc
  • 1000 Rp/ personne pour l’assurance (lolilol)
  • 5 000 Rp de frais locaux-mais-on-ne-sait-à-quoi-ça-correspond

Soit 156 000 Rp/personne

Le camp de base est gratuit dans le sens où vous pouvez dormir dans les maisons mises à votre disposition en attendant de faire votre ascension. Elles sont rudimentaires et vous dormirez à même le sol sur des bâches en plastique, mais si vous avez décidé de faire une nuit de bivouac au sommet du volcan, c’est un détail pour vous.

Vous pourrez également manger sur place. Comme pour la nuitée, ce sera très simple (soupe de nouilles avec oeufs ou autres accompagnements, riz blanc, biscuits, thé etc.) Les prix sont tout à fait corrects. 

Pour la partie retour, vu le niveau de fatigue dans lequel on était, il y a eu de gros loupés sur la négociation des prix, mais une fois de plus, cela fait partie du jeu :

  • Le ojek du Gancik Tophill jusq’au camp de base : 10 000 Rp/personne
  • Le ojek du camp de base à la station de bus : 20 000 Rp/personne (c’est là qu’on s’est fait prendre pour des pigeons -_-‘)
  • Le bus local jusqu’à Boyolali : 20 000Rp/personne (là aussi les pigeons ont bien roucoulé :p)
  • Bus de Boyolali à Solo : 7 500 Rp/pers
  • Bus de Solo à Jogjakarta 15 000 Rp/pers

Total pour le trajet retour : 52 500 RP/personne

La plupart des randonneurs que vous rencontrerez avant/pendant/après votre ascension sont des indonésiens. Il y a assez peu d’étrangers. Ils ont pour habitude d’effectuer l’ascension en 2 jours (je parle uniquement de l’ascension) et de redescendre après avoir assisté au lever de soleil. Ce qui signifie qu’ils fractionnent énormement leur effort.

A moins que vous ayez envie de procéder de la même manière, vous devrez impérativement être dans une très bonne condition physique lors de votre randonnée.

L’ascension via le versant Nord :

Nous avions longuement regardé des photos d’autres randonneurs pour nous faire un idée de ce que l’on pourrait rencontrer comme passages. Il y avait en particulier une photo qui nous inquiétait, c’était celle d’une corniche vraiment très étroite donnant sur le vide. Etroite au point que les randonneurs était plaqués contre la paroi.

Je ne sais pas encore aujoud’hui où cette photo a été prise, mais la corniche en question, nous ne l’avons pas vue ni empruntée. Le sentier monte en quasi ligne droite pendant presque la totalité de la randonnée. Vous rencontrerez de nombreux obstacles, tels que des arbres morts en travers du chemin ou des pierriers, et vous devrez également vous aider de vos mains parfois. 

Le camp de base de Wekas est situé à 1174 mètres d’altitude. Ce qui signifie que vous devez espérer affronter 1368m de dénivelé positif et une pente à 23%. (Si je ne me suis pas trompée dans mes calculs) Ca pique un peu…

Vous croiserez 2 points d’eau sur votre itinéraire. Un au campement (POS) numéro 2 puis un second discrètement indiqué par un petit panneau jaune dans un arbuste avec une goutte d’eau dessinée dessus. C’est le dernier point de remplissage que vous rencontrerez jusqu’à Selo !

Votre ascension jusqu’au sommet durera environ 6 heures et vous croiserez de nombreux endroits à l’abri du vent où vous pourrez planter votre tente, si vous décidez de ne pas bivouaquer au sommet. Gardez en tête que la plupart des randonneurs font l’ascension de nuit. Donc ne plantez pas votre tente au milieu du chemin et faites attention aux tendeurs de votre toile.

La descente via le versant Sud :

En France, lorsqu’un sentier est trop érodé par les passages répétés des promeneurs, on le ferme le temps de restaurer le-dit sentier et de permettre à la végétation de repartir. En Indonésie, ce n’est pas le cas. Et le versant Sud, (le plus emprunté) du Gunung Merbabu en souffre cruellement. Le sol est complètement érodé par la circulation des randonneurs. Il n’y a plus de végétation au sol et l’on marche quasiment directement sur la roche-mère.

Le sol est donc très poussiéreux et surtout extrêmement glissant ! Quelques cordes ont été installées pour aider les randonneurs à monter ou à descendre, mais ne misez pas tout là dessus. La descente est pour ainsi dire aussi pénible que la montée, surtout si vous avez des problèmes de genoux comme moi (syndrome rotulien et menisques faiblards).

Par ailleurs, vous ne rencontrerez AUCUN point d’eau sur le versant Sud. Prenez vos précautions.

La descente dure presque autant de temps que la montée.

J’imagine que si vous décidez d’entreprendre cette ascension sans guide, c’est que vous avez déjà une certaine expérience de la randonnée. Donc je vais surtout me concentrer sur les petits détails qui peuvent servir.

  • Sac de couchage : utilisez un sac de couchage avec une température de confort de 10 degrès minimum voire 5. Les nuits sont fraiches en altitude, même en Indonésie. J’ai d’ailleurs eu un peu froid dans la nuit, mais rien de terrible non plus. Par ailleurs, sachez que le climat et les températures sont sensiblement identiques tout au long de l’annéen sur Java donc peu importe que vous montiez en septembre ou en mars. La grosse différence ce sera la saison humide !
  • Prévoyez des gants, un bonnet et de quoi vous maintenir au chaud pour le lever de soleil. La température était vraiment basse au lever du jour et j’ai eu vraiment froid au matin hors de la tente
  • Suffisamment d’eau. Comme expliqué plus haut, il y a peu de points d’eau
  • Prévoyez des pastilles purificatrices pour vos gourdes et bouteilles (n’envisagez même pas de boire l’eau de la citerne sans l’avoir purifiée avant !)
  • Reportez votre ascension en cas de pluie ou d’orage. Certains espaces peuvent vite se transformer en torrents ravageurs et vous n’avez pas envie de vous retrouver coincé sur un volcan au milieu de Java à attendre d’hypothétiques secours.

Si vous souhaitez télécharger les fichier GPX ou XML c’est par ici 

Mais globalement, vous n’en aurez pas vraiment besoin. Il y a des balises tout le long de la face nord quasiment jusqu’au sommet et la face sud est pleine à craquer de monde.

Epinglez ce Guide Pratique sur Pinterest

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.