Europe,  France

Randonnée sur le Crêt de l’Oeillon dans le Massif du Pilat

Il y a des randonnées qui  offrent plus que ce que l'on en attendait. Qui associent, effort, plaisir et esthétique. Ce fut le cas de cette randonnée au Crêt de l'Oeillon dans le Massif du Pilat. Une mosaïque de paysages enchaînant forêts, pelouses, pierriers ; une faune discrète, mais présente et un magnifique ciel bleu nous attendaient pour cette journée préparée à la dernière minute. 15 kilomètres qui se sont révélés être du pur bonheur. 

Les virages s’enchaînent sur la petite départementale qui nous mène au coeur du Massif du Pilat. Nous traversons les petits villages qui se réveillent doucement en cette journée d'hiver. La météo a annoncé un ciel bleu pour aujourd'hui, mais il peine à poindre le bout de son nez. J'ai froid rien qu'à regarder dehors. 

On arrive finalement au collet de Doizieux, le point de départ de notre boucle. La chape de brouillard ne s'est toujours pas levée sur l'horizon au moment où nous nous enfonçons dans le bois. Le sentier monte doucement, mais sûrement. 

Après de longues minutes de marche sur le petit sentier encadré par les sapins, on se rend compte que l'on a raté la bifurcation. Nous devrions être sur le sentier au-dessus de nous.

Nous décidons alors de couper à travers la forêt. La pente est raide et le sol est recouvert de mousses, de feuilles mortes, de sphaignes et de branches de sapin. La terre sur laquelle nous marchons est tendre et douce. Chaque pas semble être de velours et se fond dans le bruissement de la vie qui s'active tout autour de nous.

 

Le ciel s'est dégagé pendant que nous nous engagions hors du sentier battu. Les rayons du soleil percent par endroit, dessinant des tâches blanches sur le tapis vert desquelles s'échappent des volutes de fumées, réveillant ainsi la nature qui se débarrasse des gouttelettes de rosée.

C'est la transpiration des plantes qui s'effectue lentement au contact du soleil et qui alimentera l'humidité de l'air. C'est un mécanisme qui nous fascine de longues minutes : c'est hypnotisant la création des nuages...

Nous rejoignons finalement le sentier que nous aurions dû emprunter quelques minutes plus tôt, et sortons de l'enchevêtrement. 

Nous empruntons alors un étroit sentier qui monte de manière assez abrupte à travers la colline. Nous nous réchauffons rapidement avec l'effort. 

De petits oiseaux se font entendre dans les arbres, mais restent cachés derrière les branches des sapins. On aperçoit furtivement un tout petit passereau qui passe d'une branche à l'autre sans s'arrêter. C'est probablement un Roitelet huppé, mais impossible d'en être sûr tant il est véloce et petit. 

Le paysage se dégage à mesure que nous avançons. Nous traversons une large pelouse, à l'aspect un peu désolé, alors que soudain sur notre gauche apparaît la chaîne des Alpes. La visibilité est parfaite. On ne pouvait pas en espérer autant. On est émerveillés par la beauté de ces montagnes et de la longue barrière dentelée qu'elles dessinent au loin.

Une mer de nuages s'est formée juste en dessous des sommets, séparant l'horizon en deux mondes. Nous sommes à peine au-dessus de cette ligne et continuons notre ascension vers notre sommet à nous. 

Nous trouvons finalement une petite clairière abritée du vent où prendre notre déjeuner avec vue sur les Alpes. Le soleil nous accompagne et rend la pause tellement agréable que l'on aurait pu y rester encore de longues minutes. 

Il est temps de repartir, le route est encore longue et nous n'avons pas encore fait la moitié du chemin. 

Le paysage change à une vitesse incroyable. Il y a encore quelques mètres nous étions dans un bel espace ouvert et ensoleillé et soudainement, nous nous enfonçons dans un tronçon de forêt sombre et humide nous obligeant à refermer nos vestes jusqu'au col et à remettre nos gants, pour enfin arriver à proximité du Centre Emetteur du Massif du Pilat à travers une lande sèche suivie d'un chirat. 

C'est quoi un chirat ? C'est le nom donné aux coulées de blocs rocheux qui recouvrent les versants sous formes d'éboulis, dans le Pilat et dans le Massif Central. On les appelle aussi des pierriers, mais les chirats sont plus faciles à traverser. 

Nous arrivons enfin au Crêt de l'Oeillon, face à la table d'orientation. La vue est spectaculaire. Le ciel est d'un bleu claquant, les Alpes suivent la ligne d'horizon et les Trois Dents nous font de l'oeil légèrement en contrebas. On se régale de cette journée. 

Je me sens légère et capable de marcher pendant encore de longues heures. 

Après une courte descente et la traversée de la route et de la forêt, nous attaquons les Trois Dents. Le passage est escarpé pour y accéder et nécessite de s'aider de ses mains pour descendre des rochers. Mais cela en vaut largement la peine. 

Les trois petits monticules sont baignés par la lumière dont les tons sont légèrement plus chauds avec le jour qui commence à décliner. Nous grimpons tranquillement vers les sommets à travers le sentier étroit qui s'est tracé entre les genêts. 

Une fois de plus, nous devons nous aider de nos mains pour accéder à l'autre versant. Les marches improvisées à même le sol sont hautes, mais heureusement peu nombreuses. Un nouveau chirat nous attend, mais il est bref. 

 

Les trois dents - Randonnée dans le Massif du Pilat

Nous attaquons enfin la dernière moitié de notre randonnée. Nous avons pris beaucoup de retard à force de nous arrêter prendre des photos, sans parler du fait que nous sommes partis plus tard que prévu ce matin là, mais c'est tellement beau. Comment résister à la tentation de tout prendre en photo. 

Un large chemin descend tout doucement à travers la forêt. Je remarque de nombreuses traces de biches dans le sol. Avec l'humidité de l'hiver, il est beaucoup plus facile de les repérer. Nous avançons à vive allure quand soudain à une centaine de mètres devant nous, nous apercevons trois biches qui traversent pour aller se réfugier dans les hauteurs. 

Quelques minutes plus tard, c'est la petite dernière qui rejoint ses copines. Elle a dû longuement hésiter avant de s'élancer seule à découvert. 

On est tellement contents de les avoir vues. Même brièvement. On avance en espérant arriver à les voir encore une fois entre les arbres, mais c'est peine perdue, elles sont déjà loin et bien cachées entre les arbres et l'obscurité de la forêt. 

On accélère le pas. Le chemin nous conduit à travers champs sur une petite portion et nous nous retrouvons dans ce qui semble être le lit d'un courant à sec. Il est temps de tourner à gauche et de traverser un nouveau chirat. Nous distinguons à peine le sentier qui doit nous mener de l'autre côté. 

Nous revoilà dans la forêt. Avec la nuit qui tombe, les oiseaux nocturnes se manifestent et émettent des sons étranges. L'imagination se met à travailler. J'aime autant vous dire que je n'aurais pas fait la maligne à me promener seule ici, dans l'obscurité. 

Nous arrivons finalement à notre point de départ juste à temps pour voir les lumières de la ville s'allumer. 

La nuit est tombée et cette journée parfaite s'achève en nous laissant dans la bouche un petit goût de satisfaction extrême. Vivement notre prochaine randonnée.  

Informations pratiques

Topographie

  • Niveau : Difficile (c'est ainsi qu'elle est classée. Personnellement, à part quelques passages délicats, nous n'avons éprouvé aucune difficulté particulière. Cependant, le marquage n'est pas forcément très visible et on peut facilement se tromper de chemin)
  • Dénivelé : +800m
  • Point culminant : 1364m (Crêt de l'Oeillon)
  • Durée : 6 heures
  • Carte et autres info à consulter sur AltitudeRando

Equipement

  • Je vous recommande des chaussures de randonnées montantes.
    Les sentiers sont parfois déformés et la présence des chirats peut vous demander un cetain effort au niveau des chevilles. Cela dit Alex l'a fait avec des chaussures basses et n'a pas rencontré de problème particulier.
  • Les bâtons sont toujours utiles, mais pas indispensables. A vous de voir en fonction de vos besoins personnels.

Accéder à la randonnée 

Collet de Doizieux

  • Depuis Lyon : Autoroute A7 puis A47 en direction de Saint-Etienne. Prendre la sortie 13 et suivre la direction Grand-Croix. Suivre la D7 en direction du Collet de Doizieux 
  • Depuis Saint-Etienne : N88 puis A47 en direction de Lyon. Prendre la Prendre la sortie 13 et suivre la direction Grand-Croix. Suivre la D7 en direction du Collet de Doizieux.  

Départ de la randonnée

Nous avons effectué cette randonnée dans le sens inverse !

Vous devez normalement commencer par le tronçon qui démarre au pied du parking situé de l'autre côté de la route en face de l'auberge. Des panneaux signalétiques sont présents au démarrage de la randonnée. 

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Randonnée dans le massif du pilat

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