Je suis arrivée hier à Sawa-Madhopur, le village le plus proche du Parc National de Ranthambore.

C’est dans ce parc que je suis supposée faire un « safari » et observer les tigres dans leur milieu naturel. Je n’aime pas vraiment le concept du safari, mais je suis malgré tout assez excitée par cette idée, même si je suis assez sûr que je n’aurais pas la chance d’en voir un. 

Le voyage en Inde commence à être long, alors que cela fait à peine une semaine que je suis ici. 

Les choses ne se passent pas du tout comme je l’avais prévu. Jagram, mon chauffeur est peu loquace et surtout peu motivé dans sa tâche qui consiste à me faire découvrir ce merveilleux pays qu’est le sien. Je passe énormément de temps sur la route ou enfermée dans ma chambre d’hôtel. Jagram refuse de me laisser sortir seule dans les rues et n’est pas très enclin à venir marcher avec moi, alors que j’adore découvrir une ville ou un pays en marchant. Je suis très frustrée et je regrette d’avoir opté pour un voyage avec chauffeur. Même si ce n’est que pour quelques jours, j’ai le sentiment de passer à côté de mon voyage. Enfin, restons positive et patiente…

Levée à 5h du matin pour un départ à 6h en direction de la jungle indienne pour aller observer les tigres. La veille j’ai fait la connaissance de Philip, un jeune allemand qui est en voyage en Inde, comme moi. Nous nous retrouvons donc tous les deux, les yeux un peu collés, à attendre le véhicule qui doit nous conduire au parc.

Nous entamons la conversation et évoquons nos attentes concernant le « safari » et le fait que je voyage seule en Inde avec tout ce que cela implique dans l’imaginaire des gens (et le mien, soyons honnête). Soudain Philip me dit qu’il a pris du spray au poivre et un canif avec lui. Très naïvement, je lui ai répondu que cela ne servirait pas à grand chose face à un tigre. Si on devait se faire attaquer par cette grosse boule de poils orange, il n’aurait pas le temps de dégainer son couteau à beurre.

En fait, il me répond tout simplement, que ce n’est pas pour le tigre (mais, non voyons petite idiote), c’est pour les indiens…Donc Philip, 20 ans, a choisi de voyager dans un pays en étant armé, parce qu’il pense qu’on lui veut du mal…Je ne comprends pas dans ce cas, pourquoi avoir choisi de venir malgré tout, mais bon, il y a des choses qui m’échappent. Il me demande si j’ai apporté de quoi me défendre pendant mon long voyage.

Et bien non, je n’apporte pas de quoi me défendre quand je voyage, ou dans n’importe quelle autre situation, parce que je pense très honnêtement qu’être armé(e) signifie que l’on s’attend à être attaqué(e) et que cela transpire dans notre attitude et que c’est comme ça que l’on finit agressé(e). Le négatif appelle le négatif…

Enfin, nous voilà finalement à bord de la jeep. Il n’y avait que des indiens et deux « white people « . Dont moi, qui suis un peu moins « white » que Philip assis à côté de moi. Arrivée à l’entrée du parc, on signe une petite décharge avant de partir. Un papier qui explique que le parc n’est pas responsable en cas d’attaque et que je suis consciente que je peux me faire dévorer ( ambiance… ). A l’entrée du parc, il est clairement précisé qu’il ne faut pas faire de bruit, ne pas déranger les autres véhicules etc…Sauf, qu’ici on est en Inde. 

Et en Inde, les règles on s’assoit dessus…

Cela fait à peine 500 mètres que nous sommes partis, que le guide d’un autre véhicule commence à s’exciter, à klaxonner et à faire de grands gestes avec ses bras. Je résume le contenu du message qu’il a voulu faire passer : « On s’ en tape que tu aies vu un cerf, y’en a partout. On est là pour voir un tigre. Alors bouge ta grosse caisse qui saoule tout le monde !! » (Je pense que c’est assez proche de la réalité…) Une heure de route plus tard, on a tous de la poussière plein le nez et les yeux et toujours pas de tigre en vue. Ce n’est pas faute d’avoir attendu près des endroits stratégiques (points d’eau et groupe de cerfs. Oui, on espérait tous qu’un cerf se ferait dévorer sous nos yeux).

Finalement, un tigre est signalé près d’un point d’eau. Le chauffeur se précipite sur le spot et c’est la rencontre. Un énorme tigre en train de se rafraîchir dans un petit étang. Tout le monde se précipite pour prendre des photos, et tout le monde qui dit « chut » à tout le monde et du coup ça fait énormément de bruits (même aux enfants qui pleurent). En gros, c‘est le bordel et cela n’a rien de réjouissant ou d’agréable en soi. Ces conditions ont quelques peu gâché mon plaisir de voir un tigre dans son environnement naturel. Mais bon, j’ai vu un tigre qui prenait un bain 🙂

Nous avons poursuivi notre petit bonhomme de chemin, jusqu’à une zone où nous pouvions descendre du véhicule et nous dégourdir un peu les jambes et prendre quelques photos supplémentaires. Des singes étaient là, nous observant, sans ayant vraiment l’air surpris de nous trouver là.

Notre guide me fait signe qu’un crocodile est caché dans les fourrés en contre-bas. Je parviens difficilement à l’apercevoir, mais y parviens malgré tout. On arrivait à distinguer le bout de son museau qui dépassait du feuillage d’un arbuste. Nous repartons enfin en direction de la sortie du parc. Le petit tour de manège est terminé. Le chauffeur s’est soudainement arrêté sur le chemin du retour. Il a dit quelque chose d’incompréhensible et tout le monde s’est précipité pour prendre des photos. Tout le monde a pris plein de photos, s’est levé, s’est précipité, sauf Philip et moi. C’était un lapin…

 

Nous avons poursuivi notre petit bonhomme de chemin, jusqu’à une zone où nous pouvions descendre du véhicule et nous dégourdir un peu les jambes et prendre quelques photos supplémentaires. Des singes étaient là, nous observant, sans ayant vraiment l’air surpris de nous trouver là.

Notre guide me fait signe qu’un crocodile est caché dans les fourrés en contre-bas. Je parviens difficilement à l’apercevoir, mais y parviens malgré tout. On arrivait à distinguer le bout de son museau qui dépassait du feuillage d’un arbuste. Nous repartons enfin en direction de la sortie du parc. Le petit tour de manège est terminé.

Le chauffeur s’est soudainement arrêté sur le chemin du retour. Il a dit quelque chose d’incompréhensible et tout le monde s’est précipité pour prendre des photos. Tout le monde a pris plein de photos, s’est levé, s’est précipité, sauf Philip et moi. C’était un lapin…

 

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