Vietnam

Vietnam : Ho Chi Minh City, mémoire de guerre

Ho Chi Minh. Capitale économique du sud du Vietnam. Historiquement chargée par les différents conflits qui ont marqué le pays.

J’avais entendu beaucoup de choses sur la ville, plutôt positives d’ailleurs.

Je m’étais construite tout un schéma : romantique, colorée, traditionnelle et une grosse « french touch ». En gros, je m’attendais à débarquer dans l’Amant de Jean-Jacques Annaud.

En réalité, on en est loin.

J’ai trouvé Ho Chi Minh peu photogénique et les bâtiments sans charme, ni âme. J’ai longtemps cherché l’influence française dans l’architecture, mais je n’ai peut-être pas fréquenté les bons endroits.

Mon avis sur la ville est sans doute biaisé par le choix de mon quartier de résidence. En plein coeur de la zone touristique du district 1, j’ai l’impression d’avoir débarqué dans Khao San (Bangkok).

Des bars bruyants, des « hôtesses » qui interpellent ces messieurs à grands cris, des bagarres qui éclatent, un harcèlement permanent des vendeurs ambulants qui tentent par tous les moyens de vous refourguer DVD, cigarettes, éventails, lunettes de soleil « Ray Ban » , marijuana etc. et une multitude de restaurants aux plats hors de prix agrémentés du gros cafard qui vous monte sur la jambe pendant votre repas (c’est du vécu !)

Cela dit, se promener dans Ho Chi Minh n’est pas non plus un calvaire et il y a beaucoup de choses à faire et à voir.

Personnellement, j’avais très envie de visiter le Musée du Souvenir de la Guerre. C’était comme une sorte d’obligation morale.

La France n’a « peut-être » pas été la pire des nations si on ne parle que du Vietnam, mais elle est très loin d’être exemplaire. D’ailleurs, parler d’exemplarité quand il s’agit de colonialisme est quelque peu étrange, non ? Tout ça pour dire que j’essayais tant bien que mal de me préparer à subir le jugement des Vietnamiens, en mettant les pieds dans le Musée du Souvenir de la Guerre.

C’est avec toute la gêne du poids de l’Histoire de l’Indochine que je suis donc entrée.

Je ne sais même pas par où commencer…

Le musée s’est attaché à établir une rétrospective de la guerre du Vietnam et des horreurs commises par les soldats et l’administration américaine. Rien à voir donc avec la France, ou juste quelques mentions tout au plus.
Toute une série de photographies de visages d’enfants nés avec des malformations tellement sévères que cela vous prend aux tripes.

Ces malformations, causéees par l’utilisation d’agents chimiques par les soldats américains, provoquent encore aujourd’hui des fausses couches, des malformations du foetus et des cancers chez les nouveaux nés.

Et cela ne s’arrête pas là, à l’étage du dessus, on vous raconte la guerre au sol…comment les soldats torutaient leur victimes, et les trainaient sur plusieurs kilomètres attaché à l’arrière de leur camion. C’est d’une violence inouïe.

Les images des enfants courant sur les routes, brulés par le napalm sont saisissantes. L’un d’elle est devenue tristement célèbre.

Cela aura été difficilement soutenable, mais je suis contente de l’avoir fait. J’y tenais.

Après avoir passé quelques jours dans la capitale, je prends un bus en direction du Cambodge, une autre destination lourdement touchée par la guerre.

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