Indonesie

Indonésie : aventure sur une ile déserte

J’ai quitté à contre coeur les îles paradisiaques au nord de Banda Aceh. J’ai décidé de me rendre sur les îles Banyak, plus au sud sur la côté ouest. En voyage, les aventures et les changements de plans sont courant et cette fois n’a pas fait exception. Je me suis retrouvée, en pleine aventure sur une ile déserte.

Après Banda Aceh, j’ai posé mon sac à Singkil, un petit village de pêcheurs, d’où partent les bateaux pour les iles Banyaks. J’ai initialement prévu de me rendre à Balai pour ensuite me poser sur une petite ile peu fréquentée et me la couler douce. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu.

Bloquée pendant deux jours à Singkil pour cause de Ramadan, (aucun bateau ne quittait le port), j’ai fini par trouvé un bateau en partance pour les îles Banyak. Le bateau de pêche qui devait partir à 14h est en réalité parti à 19h. On en revient toujours à cette notion du temps très relative…cela m’a permis de faire la connaissance d’un couple de suédois qui voyage depuis 3 mois en Indonésie en mode auto-stop et camping sauvage : Sophie et Jonathan.

On a eu largement le temps de faire connaissance pendant que le capitaine du bateau chargeait tranquillement, mais sûrement l’embarcation : 6 scooter – 8 jerricanes d’essence – 40 passagers (ou plus) et autant de sacs de voyages. Pas de gilets de sauvetage et probablement que personne ne sait nager hormis les trois mula (les trois blancs, c’est-à-dire nous)

La nuit tombe et on finit par larguer les amarres sur ce que l’on pourrait appeler un boat-people tellement on était chargés. J’ai passé trois heures, soit la totalité de la traversée, à repérer les bouées maritimes et à calculer laquelle était la plus facilement atteignable en cas de naufrage…Ambiance parano
On arrive finalement à Balai, point de départ vers toutes les iles environnantes. Après discution avec le gérant de notre guesthouse, il s’avère que l’ile sur laquelle je voulais me la couler douce est « complète ». Tous les bungalows sont pleins. Nous décidons quand même de tenter notre chance et partons dès le lendemain, espérant qu’il reste finalement quelques chambres disponibles.
Nous avions à peine quitté Balai, que j’évoque Pulau Asok, une île déserte dont m’a parlé le gérant la veille au soir. Une île avec juste un petit abri, qui ferait environ 1kilomètre de long pour à peine 100 mètres de large. Il n’y a rien à manger là-bas à part des noix de coco et des bananes vertes.
Après une courte réflexion, nous décidons de changer nos plans et de nous diriger vers cette fameuse île déserte. Sophie et Jonathan sont parfaitement équipés en nourriture puisqu’ils avaient prévu de faire du camping sauvage, nous partagerons les vivres entre nous trois.
Au bout d’une bonne heure de trajet, nous arrivons finalement sur la tant convoitée île déserte.

Après une session « aménagement du territoire », nous avons pu profiter très rapidement de la quiétude de l’île.

Pas un bruit, hormis celui des vagues et de nos voix ne perturbent ce moment. Le coucher de soleil de l’autre côté de l’île est absolument magnifique. Les cocotiers se détachent peu à peu pour devenir d’immenses ombres noires sur une palette de rose, violet et pourpre. Une vraie carte postale. Les journées étaient calées sur un rythme assez basique : faire du feu – manger – faire du snorkeling – bronzer – chercher du bois sec (difficile) – bouquiner – échapper à une attaque de crabe (bon, y’en avait qu’un, mais il était gros) – échapper à une attaque de touristes qui s’incrustent.

C’était tout simplement le paradis.

Nous avons eu la visite du gardien de l’île. Un vieux monsieur qui vient régulièrement récupérer les noix de coco, pour ensuite les revendre à Balai. Il nous a expliqué comment les ouvrir, comment choisir les bonnes. Il entretient également l’île et surtout c’est lui qui a construit le petit abri, dans lequel nous avons passé ces trois jours.

Comme convenu, au bout du troisième jour, notre « capitaine » est venu nous récupérer pour nous ramener à la civilisation. Nous avons pu attraper le bateau pour Singkil à la dernière minute. Il quittait le port au moment où nous arrivions.

Je dois admettre que j’étais globalement heureuse que les 3 jours touchent à leur fin. Je n’étais pas équipée pour cette escapade improvisée et être dépendante de Sophie et Jonathan d’un point de vue matériel s’est révélé pesant sur la durée.

Je me suis sentie inutile au possible et je ne sais toujours pas allumer de feu de camp. J’ai juste réussi à m’enfumer. J’ai quand même contribué au succès pyrotechnique en fournissant mon briquet. Ce qui, vous en conviendrez, est fort utile 🙂

Cependant, je sais aujourd’hui comment on ouvre une noix de coco, (même si je n’ai pas la force physique pour le faire) je suis en mesure de vous dire dans lesquelles vous trouverez uniquement du « lait » et dans lesquelles vous trouverez de la chair. Cela me servira sûrement à Paris ^^.

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